Affaire Naomi Musenga : "Tout est fait" pour qu'une telle "catastrophe" ne "se reproduise plus", affirme le chef de service du Samu de Paris

Le président du Conseil national de l'urgence hospitalière, et chef du service du Samu de Paris, réagit sur franceinfo, après la mise en place d'une formation pour les assistants de régulation médicale.

Pierre Carli, président du Conseil national de l\'urgence hospitalière et chef du service du Samu de Paris, le 14 juin 2019.
Pierre Carli, président du Conseil national de l'urgence hospitalière et chef du service du Samu de Paris, le 14 juin 2019. (MARTIN BUREAU / AFP)

"Tout est fait" pour qu'une telle "catastrophe" ne "se reproduise plus", a assuré mardi 5 novembre sur franceinfo Pierre Carli, président du Conseil national de l'urgence hospitalière et chef de service du Samu de Paris.

Fin 2017, une jeune mère de famille de 22 ans, Naomi Musenga, est morte aux urgences de l'hôpital de Strasbourg, après avoir été raillée au téléphone par une opératrice du Samu. Face à l'émotion suscitée par cette affaire, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait annoncé qu'une formation d'un an serait mise en place pour les assistants de régulation médicale à partir du 1er septembre 2019. 

franceinfo : La mise en place de cette formation uniformisée était vraiment nécessaire ?

Pierre Carli : Oui, c'est une très bonne chose, et c'est vraiment l'aboutissement d'un an de travail pour que la réponse aux appels au 15 soit de meilleure qualité, et surtout, beaucoup plus sûre. L'ensemble des 2 500 personnes qui répondent aux appels en France, les assistants de régulation médicale, vont maintenant avoir un socle commun de formation qui va être enseigné dans 10 écoles nationales. Cet enseignement de plus de 1 500 heures va leur permettre de faire face à toutes les situations, y compris les plus inattendues, les plus difficiles à dépister, celles où l'urgence est masquée et qu'il faut savoir trouver.

Est-ce pour autant suffisant ? Que faut-il faire encore ?

Cette mesure est probablement celle que vous voyez le plus facilement, qui est la plus emblématique. Mais elle fait partie d'un plan qui a été mis en place par la ministre de la Santé il y a plus d'un an maintenant. Et dans ce plan, il y a d'autres mesures, en particulier la certification des structures d'urgences des Samu et Smur, qui vont désormais être évaluées sur tous les éléments de la prise en charge. Il faudra remplir un cahier des charges précis. Ça aussi, c'est un progrès majeur vers un contrôle-qualité. Il est très important que nous analysions tous les dysfonctionnements et qu'à partir de ces dysfonctionnements, nous construisions les boucliers qui nous protègent contre les catastrophes. Et ce qui s'est passé à Strasbourg en est parfaitement une.

Cela veut dire qu'aujourd'hui, une telle situation ne se reproduirait plus ?

En tout cas, tout est fait pour qu'elle ne se reproduise plus. C'est aussi un engagement majeur des professionnels qui ont compris l'enjeu que représentaient la qualité et la sécurité. Tous les Samu de France se sont mobilisés. Les autorités ont appuyé la réalisation de cette politique. Nous apprenons toujours de nos erreurs, même quand elles sont catastrophiques.