Homéopathie : les généralistes enseignants réclament la fin de son enseignement à la fac de médecine

Le Collège national des généralistes enseignants dénonce vendredi, dans une lettre ouverte, "des enseignements véhiculant des aberrations grossières aux antipodes de la démarche scientifique".

Des granules homéopathiques commercialisées par le groupe Boiron, le 22 mai 2019.
Des granules homéopathiques commercialisées par le groupe Boiron, le 22 mai 2019. (AMAURY BLIN / HANS LUCAS / AFP)

Le Collège national qui représente les médecins généralistes enseignant à l'université demande que l'homéopathie ne soit plus apprise en fac de médecine et de pharmacie, vendredi 5 juillet, car elle véhicule des "aberrations grossières aux antipodes de la démarche scientifique".

"La moitié des facultés de médecine propose encore des diplômes universitaires d'homéopathie ainsi que certaines facultés de pharmacie", écrit le CNGE (Collège national des généralistes enseignants) dans une lettre ouverte à la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal. "Nous en demandons donc la suppression car il serait aujourd'hui coupable de continuer à délivrer ce type d'enseignement par l'université, voire de délivrer des diplômes universitaires".

Cette prise de position intervient une semaine après un avis de la Haute autorité de santé prônant le déremboursement de l'homéopathie, faute de preuves scientifiques de son efficacité. La décision finale doit désormais être prise par le gouvernement dans les prochains jours. Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a déclaré jeudi qu'il fallait le respecter l'avis de la HAS.

Des "déviances pseudo-scientifiques"

"Au-delà même de cet avis, l'absence de tout modèle théorique sur lequel pourrait reposer l'homéopathie, invention datant du XVIIIe siècle, l'absurdité des contenus de la médecine homéopathique, des indications comme des thérapeutiques, devrait imposer de protéger les étudiants contre ces déviances pseudo-scientifiques", estime le CNGE.

"On ne peut pas à la fois recommander à ces derniers des contenus fondés sur les données de la science, imposer qu'ils soient formés à la lecture critique, et en même temps leur proposer des enseignements véhiculant des aberrations grossières aux antipodes de la démarche scientifique", poursuit l'instance.

Selon le CNGE, "une enquête sur les contenus de ces enseignements délivrés dans les murs des facultés serait la bienvenue car elle aurait des conclusions accablantes si jamais elle était conduite".