Déremboursement de l'homéopathie : "Il faut suivre" l'avis de la Haute autorité de santé, selon Gérald Darmanin

Le ministre de l'Action et des Comptes publics a commenté ce dossier sur RTL, alors que le gouvernement doit prendre une décision finale dans les prochains jours. 

Des granules homéopathiques du laboratoire Boiron, le 22 mai 2019 à Paris.
Des granules homéopathiques du laboratoire Boiron, le 22 mai 2019 à Paris. (AMAURY BLIN / HANS LUCAS / AFP)

Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a déclaré qu'il fallait respecter l'avis de la Haute autorité de santé (HAS) qui préconise d'arrêter de rembourser l'homéopathie, jeudi 4 juillet sur RTL"S'il y a une Haute autorité de santé, s'il y a des scientifiques qui regardent si les médicaments sont bons ou ne sont pas bons, il faut suivre cette Haute autorité de santé", a ainsi affirmé le ministre.

"Je serai évidemment solidaire de la décision de la ministre de la Santé, mais il me semble que s'il y a une Haute autorité de santé, c'est pour suivre ses avis", a ajouté Gérald Darmanin. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait précisé mardi à l'Assemblée nationale que la décision finale interviendrait "dans les prochains jours". 

L'avis de la HAS était la dernière étape avant cette décision gouvernementale. Rendu public le 28 juin, il concluait que les produits homéopathiques "n'ont pas démontré scientifiquement une efficacité suffisante pour justifier d'un remboursement". Toutefois, le gouvernement n'est pas tenu de suivre cet avis.

Un statut dérogatoire pour le remboursement

Ces dernières semaines, les laboratoires homéopathiques sont montés au créneau pour tenter d'éviter un déremboursement. Ils assurent que cela menacerait 1 300 emplois (1 000 chez le Français Boiron, leader mondial, et 300 chez les deux autres, le français Lehning et le suisse Weleda). Ils sont notamment soutenus par le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez et le maire de Lyon Gérard Collomb (le siège de Boiron est en région lyonnaise), ainsi que par Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France (où Boiron a un site).

Mardi, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a estimé que la décision finale dépendait d'une "balance" entre les considérations scientifiques et les conséquences sur l'emploi. Aujourd'hui, certaines préparations homéopathiques sont remboursées à 30% par la Sécurité sociale. Ce sont les seules à l'être sans avoir prouvé leur efficacité scientifique, en vertu d'un statut dérogatoire.

L'an dernier, le remboursement de l'homéopathie a représenté 126,8 millions d'euros sur un total d'environ 20 milliards pour l'ensemble des médicaments remboursés, selon l'Assurance-maladie. "C'est à peu près, pour sept millions de Français, 18 euros de remboursement par an, donc on n'est pas sur des montants absolument énormes, a commenté Gérald Darmanin. On est juste sur un principe, qui est 'à quoi sert la Sécurité sociale'. Eh bien c'est à rembourser des médicaments."