Fermeture de l'usine Boiron de Montrichard : "Un vrai drame humain", déplore le maire

Le laboratoire Boiron a annoncé mercredi 11 mars la fermeture de 13 de ses 31 sites en France et la suppression de plus de 600 postes, dont 69 dans l'usine de Montrichard dans le Loir-et-Cher. Une véritable "catastrophe" pour le maire. 

Un salarié préparant une solution pour de l\'homéopathie dans le laboratoire Boiron de Messimy près de Lyon. Illustration. 
Un salarié préparant une solution pour de l'homéopathie dans le laboratoire Boiron de Messimy près de Lyon. Illustration.  (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)

Le maire de Montrichard (Loir-et-Cher), Damien Henault, a dit mercredi 11 mars sur franceinfo avoir appris la fermeture de l'usine Boiron "avec stupeur". "C’est une catastrophe", selon l'édile qui regrette de n'avoir eu "aucun contact avec la direction"' à ce sujet.

Pour expliquer ces suppressions de postes, la direction de Boiron évoque le déremboursement de l'homéopathie décidée par le gouvernement, un argument que Damien Henault "espère valable".

On va demander des comptes à la directionDamien Henault, maire de Montrichard

D'après le maire de Montrichard, "la production [dans l'usine Boiron] est surtout faite sur des produits vétérinaires, or à ma connaissance les produits vétérinaires n’étaient pas touchés par le déremboursement puisqu’ils n’étaient pas remboursés"

Selon Boiron, joint par franceinfo, "l'écrasante majorité de l'activité sur ce site de Montrichard" est "en lien avec le médicament remboursable" et c'est pour celà que "l'entreprise est obligée de fermer le site".

"Les laboratoires Boiron avaient déjà essuyé une baisse de leur chiffre d’affaires d’environ 8 % en 2019, avant le déremboursement", d'après l'élu local. Il dit ainsi souhaiter "que l’usine de Montrichard ne fasse pas les frais d’une reconversion économique de l’entreprise dans sa globalité".

"La direction s’abrite sous cet aspect de déremboursement des produits homéopathiques", estime Damien Henault, avant d'ajouter qu'il "espère que dans quelques semaines ou dans quelques mois, on ne s’apercevra pas qu’il y a eu une reconfiguration économique sur le dos des salariés de Montrichard".

Suppression de 69 postes à Montrichard

La fermeture du site du Loir-et-Cher, qui implique la suppression de 69 postes, est "un vrai drame humain", pour Damien Henault. "Il y a des couples qui y travaillent, vous imaginez bien la catastrophe que ça peut représenter pour eux", explique l'édile.

Les salariés de Boiron, "sont des gens qui ont une certaine technicité, et dans ce périmètre de 30 kilomètres, on n’a pas forcément de laboratoire ou de choses à leur proposer dans leur domaine d’activité, ça veut dire un delta de formation fort pour pouvoir reclasser ces personnes", ajoute-t-il.