Témoignage : sortir me rend malade

Ils reclus chez eux, incapables de sortir et d'affronter l'extérieur : ils sont atteints du syndrome d'hikikomori, une maladie diagnostiquée chez des adolescents au Japon en 1990. En France, on parle de retrait social. Comment s'en sortir ?

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France 2

Derrière leur fenêtre, ils refusent tout contact avec la société. On les appelle les "hikikomori", les reclus en japonais. Le phénomène est apparu là bas dans les années 1990 : des jeunes incapables de sortir de chez eux. Au Japon comme en France, ils acceptent rarement de témoigner. Andréas Saada a bien voulu nous rencontrer. Mais la rue lui fait peur. Andréas a préféré nous accueillir dans l'appartement d'une voisine. Elle l'a convaincu d'écrire son histoire. Un livre qui, durant quelques mois, lui a permis d'occuper ses longues journées.

Une inadaptation au monde environnant

Pour affronter notre caméra, des lunettes et une casquette. Andréas craint les inconnus et le monde extérieur. Ses périodes de retrait ont débuté vers 15 ans. Quand il a fallu quitter l'adolescence et affronter le monde du travail, Andréas s'est réfugié dans sa chambre. Andréas est fils unique. À 30 ans, il vit toujours chez sa mère, qui l'a élevé seule. Elle l'a vu se couper du monde, impuissante. Comment faire face à cette souffrance ? Les parents, démunis, parfois honteux, préfèrent se taire. Quelques-uns se tournent vers des médecins.

Le docteur Guedj a suivi une cinquantaine d'hikikomori, des garçons principalement, qui ne parviennent pas à s'adapter au monde. En France, où l'on découvre ce phénomène, le tabou n'est pas encore levé. Rompre le silence permettrait pourtant une prise en charge plus rapide, la meilleure chance de s'en sortir.

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