Sécurité routière : pour ne pas s'endormir au volant, la sieste est bien plus efficace qu'une simple pause, confirme une étude

Ces conclusions se basent sur les réactions de 40 personnes qui ont dormi au moins huit heures la veille, recueillies sur simulateur de conduite et avec des électrodes.

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Au volant, les signes de perte de vigilance, voire de somnolence, des personnes qui n'ont pas dormi sont supérieures de 21% à celles de ceux ayant fait une sieste. (Photo d'illustration) (PHILIPPE TURPIN / PHOTONONSTOP / AFP)

Comment éviter la somnolence d'après-déjeuner quand on prend le volant ? Faire une sieste, même courte et dans son véhicule, est bien plus efficace que de prendre une simple pause, selon une étude clinique, publiée samedi 18 juillet, jour de départs en vacances.

"Derrière tout ça il y a l'horloge centrale, qui pilote une phase d'hypovigilance (état intermédiaire entre la veille et le sommeil, pendant lequel les facultés d'analyse et d'observation sont réduites) en début d'après-midi, pour permettre de dormir si on le souhaite", explique Damien Davenne, chronobiologiste, professeur à l'université et directeur de l'unité de recherche COMETE de l'Inserm/Unicaen, dédiée aux mobilités. Il a piloté cette étude financée par la fondation Vinci Autoroutes.

"Dix ou quinze minutes suffisent"

Pour les besoins de cette étude, quarante "bons dormeurs" (au moins huit heures de sommeil la veille) ont effectué sur simulateur de conduite et avec des électrodes mesurant plusieurs variables cognitives (fatigue, somnolence, vigilance, anxiété), un trajet autoroutier monotone (sans trafic, avec interdiction de quitter leur voie).

Ce trajet était séquencé en deux fois deux heures de conduite, entrecoupé d'une heure de pause comprenant un déjeuner identique pour chaque participant. Lors de cette pause, un premier groupe a effectué une sieste dans un lit après la collation, un deuxième a dormi sur le siège incliné du véhicule et un dernier s'est contenté d'une simple pause.

Résultat : pendant les deux heures qui suivent l'arrêt, les déviations latérales du véhicule (zigzags synonymes de perte de vigilance, voire de somnolence) des personnes qui n'ont pas dormi sont supérieures de 21% à celles des participants ayant fait une sieste. La différence est bien moindre entre les participants qui ont dormi dans un lit ou sur le siège. Le delta est même de +80% entre les 40e et 50e minutes qui suivent la reprise du volant. "La sieste est primordiale quand on effectue un long trajet. Dix ou quinze minutes suffisent, après entrent en jeu des mécanismes d'inertie de sommeil (se réveiller encore endormi) préjudiciables à la conduite", conclut le chronobiologiste.

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