Levothyrox : l'Association française des malades de la thyroïde réplique à la ministre de la Santé

Agnès Buzyn dit ne pas avoir reçu l'étude réalisée pour l'Association française des malades de la thyroïde.

Boîte de Levothyrox des laboratoires Merck, le 4 décembre 2017.
Boîte de Levothyrox des laboratoires Merck, le 4 décembre 2017. (REMY GABALDA / AFP)

L'Association française des malades de la thyroïde (AFMT) réplique à la ministre de la santé Agnès Buzyn, invitée mardi 26 juin 2018 sur franceinfo, au sujet de la crise du Levothyrox.

Il y a deux semaines, l'association a publié une expertise scientifique menée sur les comprimés pris par les patients qui se plaignent de graves effets secondaires. Elle révèle des anomalies sur la nouvelle formule du Levothyrox commercialisée en France depuis plus d'un an. Une expertise que la ministre dit ne pas avoir eue entre ses mains et à laquelle elle ne semble pas donner de crédit.  

"Une inconnue scientifique"

"Une association de malades a fait faire des tests par un laboratoire indépendant et dit qu'il y a des anomalies dans la formule. Mais nous ne connaissons pas le laboratoire et nous n'avons pas les résultats de cette évaluation. Donc avant de conclure quoi que ce soit, il faudrait qu'on ait au minimum le rapport" a estimé mardi matin Agnès Buzyn sur franceinfo.

L'association assure avoir prévenu les autorités

Les responsables de l'association et les malades sont tombés des nues en entendant la ministre de la Santé. "Évidemment nous avons envoyé notre expertise aux autorités" explique le docteur Gérard Bapt, ancien député socialiste et médecin conseil de l'association.

"Je suis étonné que la ministre ce soit exprimée de la sorte, précise le docteur Gérard Bapt. J'ai moi-même envoyé l'analyse au directeur général de la santé. J'essaie de le contacter, à l'heure actuelle, il ne me m'a toujours pas rappelé. D'autre part, le responsable scientifique de l'association a proposé ses services la semaine dernière à l'agence du médicament, sans retour. Il s'agit d'une insuffisance grave parce qu'à l'évidence, la crise est bien là."

D'après les chiffres du ministère 500 000 personnes au moins se sont détournées depuis un an de la nouvelle formule du Levothyrox.