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"Cette épidémie de grippe est plus importante que celles des cinq dernières années"

Interrogé par francetv info, un médecin épidémiologiste de l'INVS explique la spécificité de l'épidémie de grippe saisonnière, qui a déjà touché plus de 2,5 millions de personnes depuis le début de l'hiver.

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Les urgences de l'hôpital de Perpignan (Pyrénées-Orientales), saturées par les malades atteints de pathologies respiratoires ou pulmonaires durant le pic de la maladie de la grippe, le 20 février 2015. (  MAXPPP)

Fièvre, courbatures, frissons, toux... De nombreux Français ont connu ces symptômes pendant l'hiver 2014-2015. Plus de 2,5 millions de personnes ont déjà été touchées par l'épidémie de grippe cet hiver, selon le dernier bulletin de l'Institut de veille sanitaire (INVS), publié mercredi 25 février.

Pour comprendre cette épidémie de grippe et ses spécificités, francetv info a interrogé le docteur Daniel Lévy-Bruhl, médecin épidémiologiste à l'INVS.

Francetv info : Cette épidémie de grippe semble particulièrement forte et certains disent qu'on n'avait pas vu une telle épidémie depuis des années. Est-ce une impression ou est-ce vérifié ?

Daniel Lévy-Bruhl : Il est vrai que cette épidémie est plus importante que celles des cinq dernières années. Il faut remonter à l'année 2009 pour connaître un pic plus important. Mais si on prend du recul, on observe que les épidémies du début des années 2000, ou encore celles des années 1990, étaient bien plus virulentes. Quand on regarde les épidémies de grippe survenues depuis trente ans, grâce à des données relevées par les médecins du réseau Sentinelles, on observe que le taux d'incidence au pic de l'épidémie cette saison se place au 13e rang des pics les plus élevés. En clair, cela signifie que l'épidémie de cet hiver est forte, mais pas exceptionnelle.

Quelles sont les conséquences de cette forte épidémie de grippe ?

Pendant l'hiver, la mortalité est plus forte que le reste de l'année. Mais cet hiver, le taux est encore plus élevé. Il s'agit de l'épisode de surmortalité hivernale le plus important des cinq dernières années. Il est impossible de préciser la part exacte de la grippe dans cette surmortalité, mais elle l'explique en partie. En effet, le virus présent cet hiver, le H3N2, provoque des formes graves de la maladie chez les sujets fragiles. Les personnes âgées, en particulier, sont très touchées.

Combien de malades sont morts de la grippe jusqu'à présent ?

C'est impossible à dire : on ne peut pas suivre la mortalité en temps réel. De plus, peu de personnes meurent véritablement de la grippe. On meurt surtout de ses conséquences, qui précipitent la détérioration de l'état général. Les personnes âgées développent souvent des complications après avoir eu la grippe. Des surinfections ou des complications respiratoires, par exemple, peuvent survenir au bout de plusieurs jours. Cette année, ces complications sont plus importantes en nombre de cas. 

Pourtant, les personnes âgées sont les plus vaccinées. Le vaccin mis au point par les virologues cette année a-t-il été inefficace ?

Le vaccin choisi n'est pas en adéquation à 100% avec la souche du virus qui circule. Le H3N2 n'est pas bien couvert, alors que pour les autres souches, cela fonctionne très bien. Chaque année, le choix de la souche introduite dans le vaccin est fait en mars. C'est toujours un pari. Cela dépend de l'évolution du virus. On ne peut pas prévoir sa mutation. Il n'y a pas de cycle régulier, le virus de la grippe est totalement imprévisible.

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