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Grippe aviaire : "Le vide sanitaire, c'est la double peine" pour les agriculteurs

Interrogé sur franceinfo, Christian Candelon, éleveur dans le Gers à Castillon-Debats, estime que la vide sanitaire ordonné par le gouvernement "c'est la double peine. Il ne sert à rien, tout est déjà propre et prêt à repartir" .

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Radio France
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Un cas de grippe aviaire a été détecté, mardi 24 janvier, dans le Val-d'Oise au sein d'un élevage de volailles. (MAXPPP)

Face à l'épidémie de grippe aviaire, les éleveurs de poules et de canards français se sont engagés la semaine dernière à réformer de fond en comble leurs pratiques sanitaires. A partir de lundi 17 avril, la filière foie gras du Sud-Ouest démarre un plan de relance qui passe par un vide sanitaire d'une durée d'un mois et demi. Les élevages seront vidés et nettoyés et les bêtes contaminées abattues.

"Le vide sanitaire, c'est la double peine. Il ne sert à rien, tout est déjà propre et prêt à repartir" a expliqué lundi sur franceinfo Christian Candelon, éleveur dans le Gers à Castillon-Debats.

franceinfo : Qu'est-ce qu'implique ce vide sanitaire pour les éleveurs ?

Christian Candelon : Le vide sanitaire, c'est la double peine. Cela fait deux mois et demi que je suis en vide sanitaire. Et on me demande de tout recommencer à désinfecter. C'est six semaines de plus sans travailler.

Depuis début février, toutes les volailles ont été exterminées dans mon exploitation. Il a fallu tout nettoyer. Cela fait deux mois et demi que l'on attend.

Christian Candelon

à franceinfo

Aujourd'hui, on repart à zéro. Le vide sanitaire, dans mon cas, ne sert à rien, tout est déjà propre et prêt à repartir. L'an dernier, cela a été 60% de baisse sur l'exploitation avec une perte comptable nette de 18 000 euros.

Pourquoi l'épidémie est revenue si vite?

Ce qui n'a pas marché, c'est que les autorités n'ont pas su tirer les leçons de la crise de l'an dernier. Le virus est revenu et s'est propagé à une vitesse incroyable. On accuse la faune sauvage, mais ces cas sont marginaux. Aujourd'hui, le problème, c'est la filière des industriels qui a contaminé l'ensemble des élevages. Dans un élevage industriel, il y a beaucoup de canards, il y du personnel qui va venir travailler sur différentes exploitations. Et c'est ce personnel qui propage le virus. Le transport n'est pas le premier facteur de contamination. Le premier facteur, c'est l'homme.

Est-ce que des mesures particulières sont prises par ces personnes qui circulent sur ces exploitations ?

Il faudra en prendre. Mais est-ce que c'est possible ? Comment on peut désinfecter un être humain à 100% ? Quand vous êtes dans un élevage contaminé, vous ne le savez pas. Vous rentrez chez vous. Je ne sais pas s'il est techniquement possible que le véhicule, le conducteur, tout soit désinfecté à 100%. Mais il n'y a pas de fatalité. J'ai subi deux crises aviaires, je n'ai pas eu de virus. Chez moi, il n'y a pas d'intervenant. On n'a pas salariés qui viennent de l'extérieur. On a moins de chance d'amener le virus chez nous.

Christian Candelon : "Cela fait deux mois et demi que je suis en vide sanitaire."
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