"Vos associations préférées n'existeront plus si vous les délaissez" : les clubs sportifs ont perdu un quart de leurs adhérents en un an

Depuis le début de la crise du coronavirus, les activités sportives dans les associations sont en chute libre. Les clubs pourraient perdre jusqu'à 800 millions d'euros. 

Article rédigé par
Fanny Lechevestrier, édité par Thomas Pontillon - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des enfants font du judo. Illustration.  (PHILIPPE TURPIN / MAXPPP)

Alors que des salles de sport se rebellent contre leur fermeture pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, les associations sportives s'inquiètent aussi. Selon le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), les fédérations françaises ont perdu près de 25% de leur licenciés par rapport à septembre 2019, soit plus de 4,5 millions de pratiquants en moins. "Vos associations préférées, tout cela n'existera plus si vous les délaissez cette année!', alertent plusieurs messages sur les réseaux sociaux. 

Les sports en intérieur sont les plus touchés 

Sans surprise, ce sont les sports d'intérieur qui sont les plus touchés par la crise du coronavirus. Par exemple, le tennis de table a perdu 30% de ses plus jeunes joueurs, constate, désemparé, le président de la Fédération, Christian Palierne. "C'est une galère, explique-t-il à franceinfo. D'un côté, on nous dit qu'il faut apprendre à vivre avec le virus et de l'autre qu'il ne faut pas se regrouper... On a du mal à s'y retrouver en ce moment ! Ce sont aussi des emplois qui sont menacés. Sans entraînement, il n'y a pas besoin d'avoir un entraîneur."

Au judo, sport de combat et de contact, les effectifs sont aussi à la baisse. La peur des risques sanitaires est loin d'être la seule explication, avance le président de la Fédération française de judo, Jean-Luc Rougé. "On a des professeurs qui sont anciens et qui sont des personnes à risques. Il y a aussi des municipalités qui n'ouvrent pas parce que c'est cher de désinfecter les salles." 

Les zones rurales n'ont pas les moyens humains et financiers pour mettre du gel.

Jean-Luc Rougé

à franceinfo

Le principal espoir du sport français, c'est l'accord trouvé en fin de semaine dernière avec le ministère des Sports pour l'ouverture des gymnases au moins pour les mineurs, sur le même modèle que la pratique du sport à l'école. Il s'agit d'un moyen de relancer l'activité mais il faut que les villes s'y conforment, alerte Philippe Bana, le directeur technique national du handball. "Il faut que les maires laissent ouvertes les salles pour les sports associatifs, c'est vital pour la santé physique et mentale des Français, affirme-t-il. Le sport tient par les éducateurs et les installations, les éducateurs et les gamins sont là, il ne faudrait pas que les portes ferment." 

Il y a urgence à réagir, car au-delà de l'image assez désastreuse présentée avant les Jeux olympiques de Paris 2024, c'est toute une économie qui est en jeu. Le préjudice financier pour les clubs est estimé à près de 800 millions d'euros.

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