VIDEO. "J'en ai marre du coronavirus", confie Gérald Darmanin mais "il faut s'attendre à des décisions difficiles" dans les jours à venir

Le gouvernement ne fait pas "exprès de restreindre les libertés sous prétexte du coronavirus". L'épidémie est "difficile à contrôler", a insisté le ministre de l'Intérieur.

FRANCEINTER / RADIOFRANCE

Quelque 14 620 contraventions ont été dressées pour non-respect du couvre-feu depuis sa mise en place le samedi 17 octobre, a annoncé sur France Inter mardi 27 octobre le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. "Ce que je constate, c'est que le couvre-feu est très bien respecté, a souligné le premier policier de France. À partir de 21 heures, nous n'avons plus le droit, de faire autre chose que sa vie professionnelle".

Il y a 12 000 policiers et gendarmes qui surveillent la moitié du territoire qui est pris dans ce couvre-feu et il n'y a eu que 14 000 PV, ce qui prouve bien que les Français respectent la consigne.

Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur

à franceinfo

Le ministre de l'Intérieur comprend que les Français soient fatigués du coronavirus. "Personnellement, j'en ai marre du coronavirus", a-t-il confié. "On a envie d'embrasser ses parents sans pour autant risquer de leur donner une contamination. On a envie de pouvoir faire la fête, de sourire à son voisin, de retrouver une vie démocratique normale. Mais c'est un virus extrêmement violent, qui tue des milliers de personnes, qui contamine des gens très facilement, et qui tue les plus faibles d'entre nous. Et nous avons un devoir de solidarité", a-t-il insisté. 

Quelques mois de patience et "on retrouvera la vie d'avant"

Gérald Darmanin a répondu au micro de France Inter à Jean-Marie Burguburu, le président de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, qui a déclaré dans le journal Le Monde que "la banalisation restrictive des libertés, n'est pas admissible. L'État d'urgence distille une forme de poison démocratique. On en sort jamais comme on y est entré" : il y a "des gens qui pensent, dans des théories complotistes, que le gouvernement fait exprès de restreindre les libertés sous prétexte du coronavirus, comme si ce virus n'était pas grave". L'épidémie est "difficile à contrôler", a insisté le ministre, rappelant qu'il y a "des dizaines de cas supplémentaires chaque jour". "On aimerait tous la vie complète comme avant, mais il y a des moments où il faut prendre des décisions dures. Et heureusement que le président de la République se soucie plus de sa responsabilité que de sa popularité", a martelé Gérald Darmanin.

>> Suivez notre direct pour être informés des dernières annonces dans la lutte contre le Covid-19.

"Il faut s'attendre à des décisions difficiles" dans les jours à venir, "comme tous nos voisins", a-t-il prévenu, faisant référence au reconfinement décidé dans plusieurs pays d'Europe depuis quelques jours. "C'est un très mauvais moment à passer pour toute la population. Je pense que pour le chef d'entreprise, pour la grand-mère qui ne voit pas ses petits-enfants, pour celui qui vient d'avoir 18 ans et qui aimerait vivre sa vie d'étudiant, on lui dit de patienter quelques mois. Quelques mois et on retrouvera la vie comme avant", a-t-il conclu.

Gérald Darmanin, ministre de l\'Intérieur, sur France Inter le 27 octobre 2020.
Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, sur France Inter le 27 octobre 2020. (FRANCEINTER / RADIOFRANCE)