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Vidéo "Est-ce que les gens s'en sortiront indemnes ?" Aux urgences psychiatriques, on s'inquiète des conséquences du confinement

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Envoyé spécial. "Est-ce que les gens s'en sortiront indemnes ?" Aux urgences psychiatriques, on s'inquiète des conséquences du confinement
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France Télévisions

Des patients déboussolés, qui affluent du matin au soir. A la cellule d'urgence psychiatrique du centre du Rouvray, les effets délétères du confinement commencent à se faire sentir. "Complément d'enquête" a pu passer deux jours dans ce service, au sein de l'un des principaux complexes hospitaliers français dédiés à la santé mentale. 

A la cellule d’urgence médico-psychologique du centre hospitalier du Rouvray, près de Rouen, les effets de l'isolement commencent à se faire sentir. Pour les personnes au psychisme fragile, le confinement qui accompagne l'épidémie de coronavirus augmente un degré d'anxiété déjà problématique au quotidien. "Complément d'enquête" a pu passer deux jours dans cette unité au sein de l'un des principaux complexes hospitaliers dédiés à la santé mentale en France. Du matin au soir se pressent des gens de tous âges, déboussolés. 

Une femme de 32 ans en proie à des envies suicidaires a été amenée par le SAMU. C'est la troisième fois en quinze jours qu'elle vient aux urgences psychiatriques. Déficiente mentale, elle est sous curatelle. Sans emploi, coincée chez elle, elle ne peut plus voir son fils, placé en famille d'accueil. Elle décrit au médecin qui gère les nouvelles arrivées une humeur "à zéro" et une tristesse "très forte". Pour sa protection, le Dr Follet décide de l'hospitaliser.

Un élément déclencheur de passages à l'acte suicidaire

D'autres sont déjà passés à l'acte, comme cette patiente transférée d'urgence par les pompiers. Isolée, dépressive, elle a absorbé une grande quantité de médicaments. "Si je pars, je serai tranquille", soupire-t-elle. Dans son cas, le fait de ne plus voir personne a été "l'élément déclencheur sur une situation qui était déjà fragile", analyse avec elle le médecin.

Pour le Dr Navarre, responsable de la cellule d'urgence, le plus compliqué à vivre, c'est la durée du confinement. "On sait que sur le long terme, il peut y avoir une augmentation des violences et des dépressions", rappelle-t-il. Il s'inquiète des conséquences psychologiques possibles de ce tunnel dont on ne voit pas encore le bout : "On peut imaginer qu'il y aura beaucoup de gens en arrêt de longue maladie après ces événements, qui ne reviendront plus travailler parce que ç'a été trop dur. La question qui se pose, c'est : est-ce qu'ils s'en sortiront indemnes ?"

Extrait de "Les angoissés du virus", un reportage à voir dans "Complément d'enquête" le 23 avril 2020.

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