Vidéo Covid-19 : "Le ministre de l'Education nationale a été dans le déni" par rapport à la situation sanitaire dans les écoles, dénonce Stéphane Troussel

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Stéphane Troussel, président socialiste du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, dénonce sur franceinfo ce qu'il estime être un manque de transparence de la part de l'exécutif sur la réalité de l'épidémie de coronavirus dans les établissements scolaires.

"Le ministre de l'Éducation nationale a été dans le déni" par rapport à la situation sanitaire du coronavirus Covid-19 dans les établissements scolaires, a déclaré jeudi 1er avril sur franceinfo Stéphane Troussel, président socialiste du conseil départemental de Seine-Saint-Denis. "Le président de la République a dit qu'il fallait sortir du déni, s'agace Stéphane Troussel. Mais c'est d'abord son ministre de l'Éducation nationale qui a été dans le déni, qui a manqué de clarté, qui a manqué de transparence, qui d'ailleurs a conduit à une forme de défiance, de méfiance de la communauté éducative, des enseignants, des parents d'élèves, des élus locaux que nous sommes face à la situation."

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Il dénonce un manque de transparence sur "la réalité de ce à quoi nous étions confrontés dans les établissements, sur la nécessité d'accompagner les directions scolaires qui ont été confrontées à des situations de plus en plus nombreuses chaque jour et qui n'étaient pas accompagnées".

"À peine un tiers des collèges ont été testés"

L'élu socialiste aurait souhaité la "généralisation bien plus massive des tests. J'ai 350 000 élèves, de la maternelle au lycée, dans un département comme la Seine-Saint-Denis. Le département gère 130 collèges, depuis janvier il y a à peine un tiers des collèges qui ont été testés", s'agace-t-il. Interrogé sur les réticences de certains parents à accepter de faire tester leurs enfants, le président de conseil départemental avoue une "difficulté", mais pointe le manque de communication en direction des familles. "Cela nécessite une campagne puissante d'information et de communication, d'explication". Il souligne les difficultés "des familles populaires", notamment "des personnes qui exercent des métiers qui ne sont pas télétravaillables" et qui craignent de devoir garder un enfant qui se révélerait positif au Covid-19.

Stéphane Troussel ne conteste pas la nécessité de fermer les écoles, elle était devenu "inévitable dans la situation dans laquelle nous nous trouvons". Il avait jusqu'ici prôné le maintien des écoles, cela aurait nécessité "des conditions sanitaires, des conditions de sécurité absolument renforcées", comme la généralisation des demi-jauges dans les classes. Stéphane Troussel alerte désormais sur le "risque de décrochage" des élèves. "Nous somme à 48 heures de la fermeture des établissements. Qu'est-ce qui est prévu par l'Education nationale pour éviter à nouveau le risque du décrochage et des inégalités scolaires ?", demande l'élu. Il estime que le chiffre de 5 % de décrocheurs avancé par les autorités est "fantaisiste", "c'est parfois 25, 30, 35% de décrocheurs", d'après lui.

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