Covid-19 : ce que l'on sait des clusters avec des variants du virus détectés en Ile-de-France et en Bretagne

Si le variant britannique a été mis hors de cause pour le foyer breton vendredi après des analyses de l'Institut Pasteur, celui repéré à Bagneux a bien révélé sa présence.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Un soignant effectue un test de dépistage, dans le 15e arrondissement à Paris, le 22 septembre 2020. (BENOIT DURAND / HANS LUCAS / AFP)

Le variant britannique du Sars-CoV-2 inquiète l'exécutif français. Présent à la conférence de presse du Premier ministre Jean Castex, le ministre de la Santé Olivier Véran a révélé, jeudi 7 janvier, que deux probables "clusters à risque" avaient été détectés en France, l'un en Bretagne, l'autre en Ile-de-France.

>> Covid-19 : suivez en direct toutes les infos liées à l'épidémie de coronavirus

Rectification faite vendredi par le ministère de la Santé : le cluster breton "ne correspond pas au variant britannique" du Covid-19, selon les analyses de l'Institut Pasteur. Que sait-on d'éventuels foyers de contamination à partir du du variant britannique, qui serait "plus contagieux de 40% à 70%", selon le ministre de Santé, et dont 19 cas ont pour l'instant été détectés dans l'Hexagone ?

Le variant britannique repéré à Bagneux...

Le foyer de contamination potentiel d'Ile-de-France repéré à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, est parti d'"une personne travaillant dans deux établissements scolaires". Fait préoccupant, "il n'a pas été retrouvé, lors de l'enquête épidémiologique, de notion de voyage ou de contact avec un cas ayant voyagé" au Royaume-Uni, a précisé le ministre de la Santé. Dans le cadre des premières investigations, "d'autres cas de Covid-19 ont été détectés parmi les personnels" mais "l'infection par la variante n'est pas encore confirmée".

La personne contaminée au variant britannique est "un animateur intervenant dans deux écoles de la ville", a révélé la municipalité, citée par Le Parisien. Les deux écoles concernées sont les écoles Henri Barbusse et Maurice Thorez, mais l'animateur a été contaminé pendant les vacances scolaires, a précisé la maire de la ville, Marie-Hélène Amiable, lors d'un point-presse vendredi 8 janvier.

L'élue communiste a également confirmé, comme l'avait annoncé Le Parisien, qu'un "dépistage massif pour les habitants de la commune" serait mis en place dans la salle des fêtes Léo Ferré de la ville. Ce dépistage "gratuit et sans rendez-vous", selon le site de la mairie, aura lieu de 10 heures à 17 heures samedi 9, lundi 11 et mardi 12 janvier.

Enfin, quelque 200 personnes de la communauté éducative de la ville devaient être testées dès vendredi par les équipes de l'ARS d'Ile-de-France. "Les autorités sanitaires vont approfondir les investigations et proposer un dépistage élargi dans les collectivités scolaires concernées. L’objectif est de vérifier que la variante virale ne circule pas dans ces collectivités", avait déjà indiqué la direction générale de la santé par communiqué.

... mais le patient zéro a été contaminé en France

Le variant dont est atteint l'animateur de Bagneux été identifié par le laboratoire d'analyses médicales Biogroup, révèle encore Le Parisien, dans un service d'analyse de Thiais "équipé de machines qui permettent de détecter le mutant britannique". Dans un communiqué, le laboratoire Biogroup mentionne deux personnes contaminées par le variant britannique en région parisienne, selon l'analyse génétique de leurs prélèvements datant du 22 décembre.

"Il est important de noter que ces deux personnes n'avaient pas voyagé en Angleterre, ce qui prouve qu'elles ont été contaminées en France", complète Biogroup, qui ne précise pas où résident ces personnes. "Ces personnes travaillent en collectivité et la très grande majorité de leurs cas contacts ont également été testés positifs, ce qui confirme sans doute la très grande contagiosité de ce mutant et sa circulation déjà active dans le pays", selon le laboratoire.

Une variante du virus détectée en Bretagne

En revanche, la contamination identifiée au pôle gériatrique rennais de Chantepie (Ille-et-Vilaine) n'est pas celle du variant britannique. "Le variant du Covid de la professionnelle contaminée à l'établissement gériatrique de Chantepie, ne correspond pas au variant britannique. Pour nous, il n'y a plus de sujet à Chantepie", a indiqué à franceinfo l'Agence régionale de santé de Bretagne, après avoir reçu le résultat du séquençage effectué par l'Institut Pasteur.

Ces résultats indiquent formellement que cette souche ne correspond pas au variant britannique VOC 202012/1.

L'ARS de Bretagne

dans un communiqué

"Au total, 7 résidents et 2 professionnels" du pôle gériatrique de Chantepie "présentent une forme variante du virus", avait annoncé jeudi la direction générale de la santé dans un communiquéé. La professionnelle contaminée est à l'origine des autres cas, selon l'ARS de Bretagne, mais tous les prélèvements seront analysés par l'Institut Pasteur.

"Les visites et sorties ont été immédiatement suspendues, ainsi que les activités collectives", précise le ministère de la Santé dans un communiqué. "L'ensemble des résidents positifs porteurs d'une forme variante a été transféré dans un secteur dédié. Les professionnels sont isolés à leur domicile. Un dépistage massif sera à nouveau renouvelé pour les professionnels et résidents dans six jours", ajoute l'ARS de Bretagne.

L'Agence régionale de santé n'a pas été en mesure de donner plus de précision sur le variant qui a touché la professionnelle en question. Dans le cas du cluster breton, "la maladie ne semble pas différente des autres. Il y a eu des analyses parce qu'il y avait un lien avec l'Angleterre. C'est ce qu'on fait systématiquement mais la dynamique clinique de cette épidémie dans ce cluster n'est pas différente des autres", a souligné à l'AFP Matthieu Revest, infectiologue au CHU de Rennes.

"Un virus, ça mute. C'est normal que ça se modifie au fur et à mesure de sa diffusion."

L'infectiologue Matthieu Revest

à l'AFP

"Celui-là se modifie mais moins que celui de la grippe, par exemple. Il est relativement stable génétiquement. Un virus n'a pas besoin de muter pour être super dangereux et celui-là est déjà super dangereux", ajoute ce spécialiste. Depuis le début de l'épidémie, les chercheurs traquent sans relâche les nouvelles souches du virus. Plus de 20 000 mutations ont été recensées en un an.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.