Fermeture des restaurants et des lieux culturels, vaccins, couvre-feu : ce qu'il faut retenir des annonces de Jean Castex sur l'épidémie de Covid-19

Le gouvernement a décidé de prolonger, au moins jusqu'à la fin du mois de janvier, la plupart des restrictions déjà en place.

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Le Premier ministre, Jean Castex, le 7 janvier 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Peu de choses changent. Le Premier ministre a fait un point d'étape, jeudi 7 janvier, sur les mesures mises en place en France pour lutter contre le coronavirus. Alors que le nombre de contaminations repart légèrement à la hausse, le gouvernement a décidé de prolonger la plupart des restrictions déjà en place au moins jusqu'à la fin du mois de janvier. "La situation sanitaire n'est pas revenue à la normale", a rappelé Jean Castex. Voilà ce qu'il faut retenir de cette conférence presse.

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Tous les établissements aujourd'hui fermés le resteront jusqu'à la fin du mois

Musées, cinémas, théâtres, salles de spectacle, équipements sportifs… "Toutes les activités et tous les équipements aujourd'hui fermés le resteront encore jusqu'à la fin de ce mois", a annoncé Jean Castex. "Nous avions fixé un point de revoyure début janvier (…) la situation sanitaire ne nous permet aucune évolution", a-t-il précisé, douchant les espoirs de réouverture rapide de ces secteurs.

Cette décision concerne aussi les stations de ski, où les remontées mécaniques sont toujours fermées. Le Premier ministre fixe un "objectif d'ouverture début février" pour les vacances scolaires, "mais il serait prématuré de prendre une décision aujourd'hui, compte tenu des incertitudes qui demeurent", a-t-il tout de suite précisé.

Une clause de revoyure "le 20 janvier"

Avant d'envisager une réouverture des établissements culturels et sportifs au début du mois de février, un nouveau point d'étape est prévu le 20 janvier. La condition d'une reprise début février sera étudiée avec les professionnels du secteur et selon l'évolution de la situation de l'épidémie en France. "Nous souhaitons leur donner de la visibilité en travaillant avec eux à l'élaboration d'une méthode d'ouverture encadrée et progressive", a assuré le Premier ministre.

Pas de réouverture des bars et des restaurants avant mi-février

Les restaurateurs et gérants de bars vont (encore) devoir patienter pour une durée indéterminée. "La perspective d'une réouverture en janvier n'est pas réaliste et reportée a minima jusqu'à mi-février", a déclaré le Premier ministre. Les bars et les restaurants risquent donc de rester fermés plus longtemps que les autres établissements, notamment culturels et sportifs.

Les mesures de soutien reconduites pour les secteurs concernés

Pas de changement pour les réouvertures ni pour les aides aux secteurs concernés. "Qu'il s'agisse du recours à l'activité partielle, aux prêts garantis, au fonds de solidarité rénové, aux différentes aides sectorielles, tous nos dispositifs seront maintenus, dans les mêmes conditions", a assuré le Premier ministre.

Prolongement du couvre-feu à 20 heures jusqu'au 20 janvier

"Jusqu'au 20 janvier également, nous prolongeons le régime de couvre-feu à 20 heures", a annoncé le Premier ministre. Certains départements pourraient même rejoindre la liste des 15 territoires déjà concernés par un couvre-feu dès 18 heures, a déclaré le Premier ministre. Les départements susceptibles d'être concernés sont le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, la Côte-d'Or, l'Yonne, le Cher, l'Allier, la Haute-Savoie, les Alpes-de-Haute-Provence, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône, selon Matignon. Une décision sera prise vendredi avec les préfets.

Le couvre-feu avancé à 18 heures concerne pour le moment les Vosges, la Marne, la Haute-Marne, la Meurthe-et-Moselle, la Moselle, la Nièvre, la Saône-et-Loire, la Meuse, les Ardennes, la Haute-Saône, le Territoire de Belfort, le Doubs, le Jura, les Hautes-Alpes et les Alpes-Maritimes.

De possibles mesures supplémentaires dans les jours à venir

Au-delà du statu quo annoncé pour la plupart des restrictions en cours, d'autres mesures plus strictes pourraient bientôt être annoncées, "si nous faisons le constat d'une nouvelle accélération du virus", a précisé le Premier ministre. "Je souhaite évidemment que nous puissions l'éviter mais comme beaucoup de pays qui viennent de prendre de telles mesures récemment, nous devrons réagir vite si nous faisions le constat d'une nouvelle accélération du virus", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a ainsi laissé plané la menace d'un troisième reconfinement. Il a d'ailleurs rappelé que le Royaume-Uni avait dû décider d'un reconfinement jusqu'en mars.

La frontière avec le Royaume-Uni restera fermée "jusqu'à nouvel ordre"

Le gouvernement doit faire face à l'apparition d'un variant du coronavirus identifié au Royaume-Uni et déjà repéré en France. Pour en limiter la propagation, le Premier ministre a annoncé que la frontière avec le Royaume-Uni resterait fermée "jusqu'à nouvel ordre". "Les personnes autorisées à circuler devront présenter un test négatif à l'entrée sur notre territoire", a-t-il précisé.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a aussi donné des détails sur la situation inquiétante outre-Manche : "En environ deux mois (le variant) est devenu majoritaire en Angleterre. Il est responsable d'une aggravation importante de la situation au Royaume-Uni. (…) Nous voulons éviter à tout prix la diffusion de ce variant", a-t-il indiqué.

Des arrêts de travail simplifiés et immédiats en cas de symptômes ou de cas contact

Les arrêts de travail liés au coronavirus vont être simplifiés très rapidement. "A partir du 10 janvier, dès que vous avez des symptômes ou que vous êtes cas-contact, il suffira de vous inscrire sur le site de l'Assurance-maladie pour obtenir un arrêt de travail immédiat, indemnisé et sans jour de carence", a précisé le Premier ministre.

L'Assurance-maladie procédera à un suivi systématique, avec 2 à 3 appels téléphoniques sur 7 jours. Chaque personne déclarée positive se verra proposer, à compter du 20 janvier, une visite à domicile par un infirmier.

Des démarches de vaccination simplifiées

Les démarches de vaccination "seront allégées pour les personnes moins fragiles", a annoncé le Premier ministre, après des critiques sur le lent démarrage du plan de vaccination.

Avant la vaccination, "si vous avez 75 ans ou plus, vous êtes libre de consulter votre médecin, mais ce n'est pas une obligation", précise Olivier Véran. Sur place, un soignant posera simplement quelques questions pour s'assurer que la vaccination est possible. Il sera aussi possible de voir un médecin sur place ou passer directement à l'étape de la vaccination.

La vaccination ouverte aux personnes handicapées

Le plan de vaccination s'ouvre progressivement. Après des annonces, ces derniers jours, concernant les professionnels de santé de plus de 50 ans et les personnes âgées de plus de 75 ans, le Premier ministre a annoncé une nouvelle catégorie de population concernée par la vaccination : les personnes handicapées hébergées dans des établissements spécialisés.

La vaccination des plus de 75 ans ouverte à partir du 18 janvier

Autre nouveauté : le vaccin pourra être administré à toutes les personnes âgées de plus de 75 ans, à partir du 18 janvier, dans les centres de vaccination. Il sera possible de prendre rendez-vous par téléphone et par internet à partir jeudi 14 janvier, indique le ministre de la Santé.

La phase suivante concernera la vaccination des quelque 7 millions de plus de 65 ans. Cette vaccination à grande échelle pourra aller bien plus vite "directement en ville".

Bientôt 600 centres de vaccination ouverts

Afin de pouvoir vacciner les personnes de plus de 75 ans non-résidents d'établissements, des centres de vaccination vont être ouverts en France. Un centre de vaccination par département est déjà ouvert, selon le gouvernement. "A partir de lundi prochain, il y en aura 300, puis 600 à la fin du mois de janvier", s'est engagé Jean Castex.

Pour organiser la vaccination au plus près du terrain, un pilote des opérations logistiques sera nommé dans chaque département. Celui-ci "impliquera un maximum de professionnels de santé", selon Jean Castex.

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