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Vidéo Covid-19 : "Il ne faut pas vacciner 6 millions d'enfants pour contrebalancer 6 millions d'adultes irresponsables", dit Benjamin Davido

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Article rédigé par France Info
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Sur franceinfo, l'infectiologue estime qu'"on déporte le problème et on risque de créer des situations compliquées en centres de vaccination".

"Il ne faudrait pas qu'on vaccine 6 millions d'enfants de 5 à 11 ans pour contrebalancer les 6 millions d'adultes irresponsables qui ne veulent pas se protéger", a estimé ce mardi sur franceinfo le professeur Benjamin Davido, infectiologue, directeur médical et référent Covid-19 à l’hôpital de Garches dans les Hauts-de-Seine, concernant l'ouverture de la vaccination pour tous les enfants de 5 à 11 ans. Selon lui, ce sont les adultes non-vaccinés "qui saturent les hôpitaux".

"A l'exception des 360 000 enfants de 5-11 ans qui ont un risque de développer des formes graves, la plupart des enfants ne vont pas avoir de bénéfices individuels", a précisé l'infectiologue. Par ailleurs, il a rappelé qu'on avait déjà "un temps de retard" sur la question, car "si on vaccine les enfants demain, ils ne seront protégés qu'à la fin du mois de mars" étant donné qu'il faut "trois doses face à Omicron". "Aujourd'hui, ce n'est pas du tout la priorité, car ça ne changera pas la courbe de l'épidémie", a insisté Benjamin Davido.

"Il nous faut un nouveau vaccin"

"En réalité, quel est l'objectif de la vaccination des enfants ? C'est bloquer la transmission et, aujourd'hui, on sait que pour bloquer la transmission, il nous faut un nouveau vaccin", a-t-il poursuivi. Il a donc appelé, concernant la vaccination des enfants, à "attendre ce nouveau vaccin qui serait efficace sur la transmission" et qu'il espère pour "le début du printemps".

"On déporte le problème et on risque de créer des situations compliquées en centres de vaccination", a-t-il ajouté. "Il faut comprendre que les enfants, au-delà du fait qu'ils ont peur de la piqûre, ils ont aussi peur des tests, ils ne vivent pas dans cette bulle de la santé", a par ailleurs estimé le professeur, rappelant "encore une fois" que "la question n'est pas là"

"La question, c'est comment on fait pour éviter une vague à l'hôpital de gens majoritairement non vaccinés et la réponse, c'est de vacciner les adultes"

Benjamin Davido

à franceinfo

Dans cette même logique, Benjamin Davido, s'est dit opposé à "un confinement" et encore plus à "un couvre-feu". "Tout ce dont on a envie, c'est que tous les Français qui ont fait l'effort, soit 9 adultes sur 10, de se vacciner, puissent jouir de cette protection individuelle", a-t-il indiqué. "Je ne vois pas pourquoi on devrait subir cette injustice parce qu'il y a des gens qui ne veulent pas se vacciner et qui, d'ailleurs, lorsqu'ils arrivent à l'hôpital, prennent la place de gens qui sont vaccinés, qui n'ont rien demandé à personne, et qui ont d'autres pathologies", a-t-il déploré. Pour autant, l'infectiologue a dit préférer "la promotion de la vaccination" à "l'obligation vaccinale". "Il faut avoir le courage d'y aller, de se protéger, pour que l'épidémie s'arrête car c'est en se responsabilisant les uns les autres qu'on y arrivera", a-t-il conclu.

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