Vaccin Covid : "Si Pfizer peut produire un peu plus, autant qu'une partie de cette production aille plus vite dans le giron européen", dit Agnès Pannier-Runacher

La ministre déléguée à l'Industrie revient sur la polémique liée au nombre de doses de vaccin contenues dans un flacon Pfizer-BioNtech. "Ce n'est pas Pfizer qui a décidé qu'il y avait six doses dans le flacon, c'est l'autorité européenne".

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Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l'Industrie, le 23 janvier 2021 sur France Inter. (FRANCEINTER / RADIOFRANCE)

Invitée de France Inter samedi 23 janvier, la ministre déléguée à l'industrie Agnès Pannier-Runacher est revenue sur la production du vaccin Pfizer-BioNtech. Le laboratoire a annoncé que dans un flacon, il y avait finalement six doses et non cinq doses.

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"Ce n'est pas Pfizer qui a décidé qu'il y avait six doses dans le flacon, c'est l'autorité européenne à la demande des États membres, explique Agnès Pannier-Runacher. Comme Pfizer a livré ses flacons, divine surprise, on s'est aperçu que ces flacons pour lesquels (le laboratoire) comptait cinq doses pouvaient permettre d'en extraire une sixième. Certains prétendent même qu'on peut en extraire une septième dose. Et donc, les pays européens se sont dit c'est la bonne occasion de gagner 20% de capacitaires et d'avoir plus de doses."

"Plus de 550 000 doses arrivent chaque semaine"

Selon la ministre, l'autorité européenne a instruit cette demande et a autorisé le 8 janvier l'extraction de six doses d'un flacon. Cela signifie que le laboratoire va livrer moins de flacons, mais autant de doses : "Évidemment, Pfizer compte en doses, son contrat est établi sur un nombre de doses. Il n'y a rien d'exceptionnel, souligne Agnès Pannier-Runacher. L'enjeu, c'est de se dire que Pfizer a une meilleure capacité de production et qu'il livre le nombre de doses qui est dans le contrat. Et donc, si Pfizer peut produire un peu plus, autant qu'une partie de cette production supplémentaire aille plus vite dans le giron européen".

La ministre déléguée à l'industrie est revenue sur le débat de ces derniers jours sur le manque de vaccins et rejette le terme de "retard" dans la livraison des doses Pfizer : "Il y a eu un ralentissement la semaine dernière mais qui est rattrapé, explique Agnès Pannier-Runacher. Plus de 2 millions de doses ont été livrées depuis le début de la campagne (de vaccination, ndlr) : ce sont essentiellement des doses de Pfizer (...) Il y a plus de 550 000 doses qui arrivent chaque semaine. Donc attention à la caricature qu'on peut entendre. Nous sommes dans le nombre de doses attendu."

Il ne s'agit pas de "pénurie", le plan de vaccination ne sera pas retardé

Le laboratoire AstraZeneca a de son côté expliqué "être en difficulté sur une usine", selon la ministre. Alors que 400 millions de doses ont été précommandées auprès du laboratoire, l'entreprise a prévenu qu'il y aurait des retards sur les livraisons. En Europe, il y aura probablement 60% de moins que prévu au premier trimestre pour le second trimestre. Mais Agnès Pannier-Runacher refuse de parler de pénurie de vaccins : "La pénurie, ce serait de ne pas avoir assez de doses au total pour vacciner les Français. Or, l'Union européenne a commandé beaucoup de doses. Rien que sur Pfizer, 600 millions de doses ont été sécurisées. En revanche, nous n'aurons pas immédiatement en claquant des doigts ces 600 millions de doses. Parce qu'il y a des chaînes de production qui sont mobilisées, elles vont au rythme maximum aujourd'hui, elles sont en train de monter en capacité." Et la ministre déléguée à l'industrie d'évoquer que la production de ces vaccins constitue "un exploit technologique industriel exceptionnelle qu'on est en train de faire collectivement au niveau mondial. Ce sont des transferts de technologie qui, en temps normal, prennent 12 à 18 mois. Là, on est en train de le faire sur des périodes de trois à six mois. C'est extrêmement contraint."

Agnès Pannier-Runacher a souligné que le plan de vaccination ne serait pas retardé en France malgré ces ralentissements. "On avait indiqué un million de personnes vaccinées à la fin du mois de janvier. Aujourd'hui, 23 janvier, nous sommes au-delà de 950 000 vaccinés, donc cet objectif sera dépassé. Nous avons également indiqué 15 millions de personnes vaccinées au mois de juin. Je suis raisonnablement confiante pour que cet objectif soit dépassé", indique la ministre déléguée à l'Industrie.

Regardez l'intégralité de l'interview d'Agnès Pannier-Runacher sur France Inter :

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