Vaccin contre le Covid-19 : qui va bénéficier d'une troisième dose ?

Seules les personnes immunodéprimées y ont droit pour le moment en France, mais la liste des bénéficiaires pourrait s'élargir prochainement.

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Des doses de vaccin Pfizer/BioNTech contre le Covid-19 dans un centre de vaccination à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 19 avril 2021. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Vers une troisième dose de vaccin contre le Covid-19. Après les deux premières qu'ont reçues plus de 29 millions de personnes en France, la question de l'administration d'une nouvelle dose pour les premiers vaccinés se pose. Les laboratoires militent pour, mais les autorités sanitaires semblent mettre le holà à une généralisation de la mesure. Franceinfo fait le point.

Les immunodéprimés la reçoivent déjà

Pour le moment, une seule catégorie de personnes est concernée par l'administration d'une troisième dose : les personnes immunodéprimées sévères. Ce sont par exemple les personnes qui ont bénéficié d'une greffe, qui sont atteintes d'un cancer ou qui sont sous dialyse.

Chez ces patients, la réponse immunitaire après deux doses n'a pas été jugée suffisante par les études scientifiques réalisées. Pour leur permettre d'être protégées au mieux contre le Covid-19, le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale a ainsi estimé dans un avis daté du 6 avril (PDF) qu'il était pertinent de leur injecter une troisième dose de vaccin.

Elles peuvent d'ailleurs recevoir toutes leurs doses directement auprès des personnels de santé chargés de leur suivi, afin de leur faciliter l'accès à la vaccination et de minimiser leurs risques d'entrer en contact avec le virus.

Les premiers vaccinés auront un rappel

Lors de son allocution, le 12 juillet, Emmanuel Macron a évoqué le cas particulier des personnes vaccinées dès le début de la campagne nationale, "c'est-à-dire en janvier-février". Il s'agit donc des personnes de plus de 75 ans et des patients à risque de plus de 70 ans. Le président de la République a souligné que leur immunité pourrait prochainement diminuer, puisque, comme le rappelle la Haute Autorité de santé (HAS), elles "représentent la population la plus vulnérable et la plus âgée".

Il a ainsi annoncé la mise en œuvre d'une campagne de rappels, "dès la rentrée", pour "bénéficier d'une nouvelle injection selon le même système et dans les mêmes conditions que la ou les premières. Les rendez-vous pourront être pris dès les premiers jours du mois de septembre". La Haute Autorité de santé n'a pas émis d'avis sur l'instauration de ces rappels, mais a pris "acte de l'annonce" faite par le président de la République. 

Les autres n'en ont pas besoin pour l'instant

Pour le moment, le reste de la population vaccinable ne semble pas se diriger vers une troisième injection dans le cadre actuel de l'épidémie. "Il n'y a pas lieu pour le moment de proposer une dose de rappel en population générale", précise la Haute Autorité de santé dans un avis rendu le 16 juillet. Elle attire principalement l'attention sur la nécessité de "favoriser la primovaccination complète de la population", avant d'envisager l'administration d'une troisième dose.

Des études scientifiques sont encore en cours pour évaluer la pertinence d'une telle injection chez des patients en bonne santé et dont le système immunitaire n'est pas déficitaire, contrairement aux personnes immunodéprimées. L'Agence européenne des médicaments (EMA) a d'ailleurs estimé qu'il était "trop tôt pour savoir si et quand une dose de rappel serait nécessaire", lors d'une conférence de presse le 15 juillet. Si la troisième dose de vaccin pourrait intervenir à terme, ce serait dans le cas où de nouveaux variants plus résistants au vaccin feraient leur apparition.

"La pertinence d'un rappel en population générale pourrait être établie si une diminution de la protection contre la Covid-19 dans le temps était mise en évidence sur la base d'échecs vaccinaux constatés (...) ou si un nouveau variant 'résistant' aux vaccins actuellement disponibles émergeait sur le territoire."

La Haute Autorité de santé

dans un avis du 16 juillet 

Pour le moment, la troisième dose est surtout soutenue par les laboratoires. Le 8 juillet, Pfizer-BioNTech a annoncé "des résultats encourageants" d'essais d'injection d'une troisième dose, afin d'augmenter l'efficacité de son vaccin contre le Covid-19 et ses variants. Le groupe prévoit de demander une autorisation pour cette troisième dose aux Etats-Unis et en Europe. Demande qui a suscité la circonspection des autorités sanitaires américaines. Ces dernières ont estimé que "les Américains qui ont été entièrement vaccinés n'ont pas besoin d'un rappel à l'heure actuelle", mais se sont dites prêtes "à administrer des doses de rappel si et quand la science aura démontré qu'elles sont nécessaires".

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