''Je suis carrément démoralisée" : dans plusieurs régions, pas assez de doses pour la vaccination des seniors contre le Covid-19

De nombreux rendez-vous de vaccination contre le Covid-19 ont été annulés à la dernière minute dans plusieurs régions de France en raison des difficultés d'approvisionnement auprès du laboratoire Pfizer.

Article rédigé par
Boris Loumagne - Sandrine Etoa-Andegue
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Christiane et Bernard espéraient pouvoir se faire vacciner, en vain. (BORIS LOUMAGNE / RADIO FRANCE)

Les vaccins manquent et la colère gronde devant ce foyer pour personnes âgées de Nevers qui espéraient pouvoir se faire vacciner contre le Covid-19. Ils n’ont finalement pas pu bénéficier des premières doses, et désormais, à cause de la pénurie, ils ne sont pas prêts d’obtenir un rendez-vous, comme dans plusieurs autres régions de France, Ile-de-France, Bourgogne, Hauts-de-France notamment, en raison des difficultés d'approvisionnement auprès du laboratoire Pfizer. 

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Une banderole a même été accroché aux fenêtres par les résidents. On y lit : "Personnes âgées en danger. Où sont les vaccins ??" Le maire de Nevers, Denis Thuriot, ne comprend pas la décision de l'ARS. "Malheureusement, les résidences autonomie n'ont pas été comptabilisées dans les Ephad, explique-t-il, donc elles sont sur le flux courant des personnes de plus de 75 ans qui doivent se faire vacciner dans les centres. Et initialement, il leur a été demandé de se rendre dans les centres, ce qui est complètement absurde."

"Ce sont des gens qui ont un certain âge. Il faut qu'on puisse les vacciner sur place et c'est ce que nous avions prévu lundi avec un médecin et une infirmière. L'ARS a empêché la livraison des vaccins en considérant que ces gens-là devaient aller se vacciner dans les centres."

Denis Thuriot, maire de Nevers

à franceinfo

Les centres de vaccination sont saturés. Près de 4 000 rendez vous viennent d'être annulés, faute de doses. Et donc, les résidents du foyer Signore vont devoir vivre encore plusieurs semaines avec la peur du virus. "On évite de sortir, c'est une hantise pour être honnête", confie une résidente."C'est sûr qu'on a la trouille, hein... On a peur !" , ajoute sa voisine. Dans ce foyer, 54 résidents veulent être vaccinés. Ils ont même lancé une pétition pour obtenir leur dose.

Ce n'est pas un cas isolé

Nevers n'est pas un cas isolé. À Garches, dans les Hauts-de-Seine, Marie a pris rendez-vous dès l'ouverture de la vaccination aux plus de 75 ans, mardi dernier. Elle se rend comme convenu dans un centre de vaccination des Hauts de Seine pour recevoir sa première injection. "Une fois là bas, on m'a dit que c'était annulé, soupire-t-elle. On m'a expliqué qu'il n'avait plus de vaccins. Évidemment, on n'est pas content quand on vous dit cela !"

"J'étais déçue, étant donné que je suis dans la tranche d'âge, et même dans la tranche d'âge haute : je vais avoir 90 ans !"

Marie

à franceinfo

La bénévole lui propose un rendez-vous en mars. Il est annulé quelques jours plus tard. Finalement, elle est invitée à revenir le 9 avril. ''Cela me semble très loin !, s'exclame-t-elle. Étant donné le bazar que c'est, il y a une désorganisation combinée entre les producteurs de vaccin et l'État français." Cette habitante de la métropole dijonnaise, âgée de 85 ans, doit attendre le 20 février. Comme Anne-Marie, son rendez-vous, prévu mardi dernier et obtenu de haute lutte, a été annulé à la dernière minute.

''Je suis carrément démoralisée,confie-t-elle la gorge serrée, avec tout le mal que je me suis donnée. J'avais contacté quelqu'un pour m'emmener et tout. On nous a donné l'espoir, on a bien fait ce qu'il fallait faire et la veille on vous dit que c'est impossible.'' Quelques milliers de rendez vous risquent d'être reportés dans la région, selon l'Agence régionale de santé en Bourgogne Franche-Comté. 

Une trentaine de départements sont concernés, selon le ministre de la santé, Olivier Véran.

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