Défiance envers le vaccin AstraZeneca : "On est dans l'irrationnel", estime l'infectiologue Gilles Pialoux

Selon le chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Tenon, le "bénéfice-risque" concernant le Covid-19 reste "largement en faveur de la vaccination".

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Radio France
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Une dose de vaccin contre le Covid-19 AstraZeneca. (NOÉMIE GUILLOTIN / FRANCE-BLEU POITOU)

Face à la défiance suscitée par le vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 l'infectiologue Gilles Pialoux estime, lundi 5 avril sur franceinfo, que l'"on est dans l'irrationnel, mais cette crise du Covid nous y a habitué". Dans les Hauts-de-France ce week-end, plus d'un millier de doses du vaccin britannique n'ont pas trouvé preneur.

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Le chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Tenon, à Paris tient à insister sur le rapport "bénéfice-risque" qui reste selon lui "largement en faveur de la vaccination". Gilles Pialoux rappelle aussi qu'il y a "une course contre la montre des vaccins contre les variants". Il faut donc "se faire vacciner maintenant, parce qu'il est possible que ce soit plus compliqué plus tard".

Les variants nécessitent une plus grande immunité

L'infectiologue souligne les "complexités imprévisibles" auxquelles doivent faire face les scientifiques. "Personne n'aurait prévu que ce variant anglais devienne dominant dans la plupart des pays. Personne n'aurait imaginé le doute que font peser les variants sud-africains et brésiliens sur leur échappement aux vaccins".

Pour Gilles Pialoux ce variant anglais nécessite une couverture vaccinale encore plus importante : "à cause d'une transmissibilité accrue, il est probablement nécessaire d'avoir 80% de gens immunisés naturellement ou vaccinés" au lieu de "60% comme on l'avait dit au début". Il ajoute que "la barre de l'immunité collective est remontée avec ces variants".

Alléger les restrictions, "c'est absolument impensable"

Dans ce contexte, l'infectiologue ne comprend comment "dans le même discours, le ministre de la Santé peut à la fois nous dire que c'est compliqué et nous dire qu'il y a beaucoup de raisons d'espérer un assouplissement des restrictions dans quatre semaines". C'est "absolument impensable sur le plan sanitaire", tempête-t-il.

"Imaginer que dans quatre semaines, on aura un assouplissement des restrictions, je ne vois pas un seul modèle ou une seule prédiction qui puisse tenir cette route", insiste Gilles Pialoux. "Mais évidemment on espère se tromper."

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