Covid-19 : une troisième dose possible "à partir de novembre" si la Haute Autorité de santé donne son feu vert, selon l'infectiologue Odile Launay

L'Agence européenne du médicament vient de donner son accord à une troisième injection de rappel à tous les adultes.

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Radio France
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Odile Launay, infectiologue, membre du comité scientifique vaccin Covid-19. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Une troisième dose de vaccin contre le Covid-19 est possible "à partir de novembre, voire décembre pour la majorité des Français" si la Haute Autorité de santé le décide mercredi 6 octobre, a estimé sur franceinfo le professeur Odile Launay, infectiologue à l'hôpital Cochin à Paris et membre du comité scientifique vaccin Covid-19. L'Agence européenne du médicament vient de donner son accord à une troisième injection de rappel à tous les adultes. Jusqu'ici, en France, elle était réservée aux 65 ans et plus et aux personnes fragiles.

franceinfo : Tous les Français déjà vaccinés sont-ils concernés par cette troisième dose ?

Pr Odile Launay : Pour l'instant, cette troisième dose est recommandée avec un espacement d'au moins six mois par rapport à la deuxième dose. On sait que la campagne de vaccination en France en population générale a démarré courant mai pour la première dose. Cela veut dire une dose de rappel, si c'est la décision qui est prise, à partir de novembre, voire décembre pour la majorité des Français. On n'est pour l'instant pas dans cette situation. La problématique actuellement est d'administrer cette dose de rappel aux personnes qui sont déjà concernées par la dose de rappel.

L'Organisation mondiale de la santé estime qu'il vaudrait mieux envoyer l'ensemble des doses disponibles dans les pays en développement qui sont très peu vaccinés, plutôt que de passer déjà à la troisième dose chez nous. Quelle est votre position ?

C'est une pandémie mondiale et le contrôle de la pandémie passe par la vaccination, pas uniquement des pays les plus riches, mais de l'ensemble des pays du monde. On a aujourd'hui besoin de pouvoir vacciner beaucoup plus largement. Il y a une prise de conscience maintenant depuis plusieurs mois sur cette problématique. Mais c'est probablement les deux qu'il faut essayer de mettre en place. D'une part, assurer la vaccination dans les pays les plus riches. On sait que seuls 15 pays, par exemple en Afrique, ont une couverture vaccinale de plus de 10%. Les autres ne sont quasiment pas vaccinés. C'est évidemment un problème crucial et c'est un problème crucial à la fois sur un plan éthique, mais aussi sur un plan du contrôle de la réplication du virus et du risque de voir émerger de nouveaux variants. Mais on a aussi des doses de vaccins qui sont disponibles déjà dans notre pays et pour lequel on va pouvoir les administrer. Il faut les administrer aux personnes qui ont été vaccinées il y a déjà maintenant plusieurs mois et pour lesquelles on a des éléments qui nous montrent que l'efficacité du vaccin diminue un peu avec le temps et qu'il faut absolument pouvoir les mettre à l'abri du Covid-19 et d'infections potentiellement sévères. Même si aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est que le vaccin reste efficace vis-à-vis des formes sévères et sa baisse d'efficacité se voit plutôt vis-à-vis des formes non sévères.

Est-ce qu'on est en train de voir le bout de cette épidémie ?

Les hypothèses sont plutôt que ce virus va circuler, qu'on va vivre avec ce virus. Mais comme on augmente finalement la proportion de la population qui a été en contact avec le virus ou qui a été vaccinée, le nombre de cas, finalement, diminue et en particulier le nombre de cas sévères. C'est ça, l'objectif de la vaccination au moins dans un premier temps, c'est de limiter le nombre de cas sévères qui nécessitent l'hospitalisation et qui encombre les hôpitaux et évidemment, de limiter les décès. Dans les pays plus pauvres, on a vu des épidémies extrêmement importantes, en particulier en Amérique du Sud. On sait que l'Asie, pour l'instant, a été très peu en contact parce qu'ils ont eu une politique d'isolement extrêmement sévère et ils sont en train de commencer à vacciner. Donc, je pense qu'on ne peut pas dire qu'on en a fini avec le virus. Il faut vraiment aujourd'hui tout faire pour augmenter l'accès aux vaccins et favoriser la vaccination dans l'ensemble du monde.

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