Covid-19 : "Les premiers résultats montrent que le vaccin chinois a l’air moins efficace", explique la directrice de l'OMS chargée des risques épidémique

Les premiers résultats du vaccin chinois analysés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) montrent que le sérum produit par Sinopharm "a l'air moins efficace", a indiqué Sylvie Brian.

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Radio France
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Des flacons de vaccin Sinopharm, produit par la Chine. (NEZIR ALIYEV / ANADOLU AGENCY)

"On observe avec intérêt les résultats des essais cliniques" effectués avec les vaccins chinois contre le Covid-19, indique Sylvie Brian, directrice à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et chargée des risques épidémiques et pandémique lundi 12 avril sur franceinfo. Selon elle, "les premiers résultats montrent que ce vaccin a l’air moins efficace".

franceinfo : L'efficacité du vaccin produit par Sinopharm est un enjeu important au vu de la population chinoise, au vu également du nombre de pays où ce vaccin est distribué. Est-ce aujourd'hui une source d'inquiétude ?

Sylvie Brian : On observe avec intérêt les résultats des essais cliniques qui sont effectués avec ces vaccins dans différents pays. C’est un vaccin produit sur une plateforme habituelle qui est différent des vaccins qu'on a actuellement, par exemple les vaccins à ARN messager qui sont des technologies très nouvelles pour lesquelles on n’a pas beaucoup de recul, alors que là, on a beaucoup de recul. Mais effectivement, les premiers résultats montrent que ce vaccin a l’air moins efficace, en tous les cas dans la façon dont il a été utilisé, c'est-à-dire deux doses à trois semaines d'intervalle.

On a plus de recul sur la méthode. Est-ce qu'on en a aujourd'hui sur les résultats ?

Par exemple au Brésil, il semblerait que l'efficacité tourne autour de 50%, ce qui correspond au seuil que l'OMS avait indiqué. Il faut se remettre dans le contexte d’il y a quelques mois, on n'avait aucun vaccin, donc quand on a établi les profils du vaccin désiré, on avait dit ‘on aimerait avoir un vaccin qui soit efficace à au moins 50% de façon à ce qu'on puisse l'utiliser sur des vaccinations de masse’.

Il faut comprendre qu’il y a deux types d'utilisation du vaccin : soit vous utilisez le vaccin pour empêcher les épidémies dans la population et à ce moment-là, on n'a pas besoin de vacciner tout le monde, il suffit de vacciner une certaine proportion de la population pour ralentir le phénomène épidémique, soit vous regardez le vaccin plutôt comme un outil pour prévenir les maladies chez chaque individu. Donc, effectivement, si on utilise le vaccin comme en Europe pour protéger les individus qui sont le plus à risque d'avoir des maladies graves, donc, on le donne à ces gens-là pour protéger chaque individu contre la maladie. Un des objectifs que les Chinois avaient décidés il y a quelques mois était de vacciner rapidement 40 % de leur population, justement pour pouvoir être sûr qu’il n’y ait pas de flambée épidémique, c’est-à-dire d’une grande augmentation de cas d’un seul coup qui submerge le système de santé.

Aujourd'hui, combien de pays utilisent les vaccins de Sinopharm ?

Je ne sais pas exactement combien de pays utilisent ce vaccin, mais beaucoup de pays, effectivement, l'avaient commandé. D'abord parce que les vaccins chinois étaient prêts très tôt et que la Chine a une grosse capacité de production. Donc, ça permet aussi d'avoir un accès important et très rapide. Après, si les pays qui utilisent ce vaccin utilisent juste dans les groupes à risque, effectivement, ils vont avoir certaines personnes à haut risque qui seront peut-être moins protégées.

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