Covid-19 : le vaccin d'AstraZeneca suscite-t-il aussi la méfiance de nos voisins européens ?

Les réticences à l'égard du vaccin suédo-britannique ont provoqué la fermeture de certains centres de vaccination en France, faute de volontaires. Un phénomène constaté dans d'autres pays, mais pas partout.

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Des seringues prêtes à l'usage pour administrer le vaccin d'AstraZeneca, dans un centre de vaccination à Naples (Italie), le 13 avril 2021. (MAXPPP)

La méfiance s'est installée. Cinquante personnes vaccinées lors d'une campagne de grande ampleur à Nice (Alpes-Maritimes) avec 4 000 doses disponibles, des médecins qui jettent l'éponge devant le manque d'engouement du public... En France, la défiance envers le vaccin du laboratoire AstraZeneca reste forte, malgré les avis des autorités sanitaires qui assurent que les bénéfices demeurent largement supérieurs aux risques d'effets secondaires graves. Nos voisins européens partagent-ils les réticences des Français ?

En Espagne, les doutes sur le vaccin d'AstraZeneca ont fait chuter les rendez-vous de vaccinations, rapporte la télévision publique TVE (en espagnol). Dans la région de Madrid, le 9 avril, seules 10 800 personnes se sont ainsi présentées à leur rendez-vous, sur 29 000 injections programmées. Le gouvernement a lancé une campagne #YomeVacunoSeguro ("Je me fais vacciner à coup sûr") pour inciter les Espagnols à honorer les rendez-vous, quel que soit le vaccin. Silvia Calzón, secrétaire d'Etat à la Santé, a rappelé que "sans aucun doute, les vaccins nous donnent un horizon d'espoir après une année si difficile".

Les Allemands dubitatifs, pas les Italiens

En Allemagne, plus de la moitié de la population considère le vaccin d'AstraZeneca comme peu sûr, selon un sondage YouGov cité par la Deutsche Welle (en anglais). La Rhénanie du Nord-Westphalie dispose de stocks importants et peine parfois à les écouler. Pour rassurer la population, la chancelière allemande, Angela Merkel, a d'ailleurs été vaccinée le 16 avril avec une première dose du produit d'AstraZeneca, comme Jean Castex et Olivier Véran en France.

Le fonctionnement allemand est toutefois bien différent : seuls les médecins traitants peuvent vacciner leurs patients. Les Allemands sont donc dépendants de la livraison dont bénéficie leur médecin. Et la plupart du temps, il s'agit de vaccins Pfizer-BioNTech : à Berlin cette semaine, ce sont 99 000 doses du laboratoire américain qui ont été réceptionnées, mais aucune du vaccin anglo-suédois, rapporte le bureau de France Télévisions dans la capitale allemande. Le cas échéant, le vaccin d'AstraZeneca est administré après vérification qu'il n'y a pas de contre-indication pour le patient, ni d'antécédents médicaux.

Les doutes n'ont en revanche pas refroidi les Italiens, notamment en Sicile. La région vient de lancer la vaccination AstraZeneca sans rendez-vous pour les plus de 60 ans pour endiguer l'épidémie, repartie à la hausse dans l'île ces derniers jours. Près de 25 000 Siciliens ont été vaccinés dans le week-end. Les syndicats de médecins locaux demandent désormais l'élargissement à tous les moins de 60 ans volontaires – qui peuvent pour le moment prendre rendez-vous par SMS –, précise le quotidien La Repubblica (en italien).

Les doses danoises rachetées en Europe de l'Est ?

Au Royaume-Uni, pas question non plus d'émettre le moindre doute. Si quelques médecins londoniens ont remarqué des annulations croissantes de rendez-vous, l'écrasante majorité des Britanniques gardent confiance dans le vaccin conçu à l'université d'Oxford.

Tout comme en Belgique, où un système de liste d'attente a été mis en place pour la vaccination : lorsque toutes les personnes prioritaires ont reçu leur dose, les Belges inscrits peuvent être contactés pour recevoir les doses de ceux qui ne se seraient pas présentés à leur rendez-vous. La plateforme Qvax, mise en place dans le pays ne désemplit pas, bien que le vaccin d'AstraZeneca soit réservé aux plus de 56 ans.

Et si certains Européens n'en veulent pas, comme la Suisse, qui n'a toujours pas autorisé le vaccin sur son sol à l'heure actuelle, d'autres en redemandent. Alors que le Danemark a renoncé au vaccin d'AstraZeneca, plusieurs pays européens, comme la République Tchèque, l'Estonie ou la Lettonie ont exprimé leur intérêt pour racheter une partie des 2,4 millions de doses ainsi libérées, rapporte la BBC (en anglais). Le ministre des Affaires étrangères par intérim de République Tchèque, Jan Hamáček, a même affiché, sur Twitter, son souhait d'acquérir "toutes les doses" du royaume scandinave.

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