Suppressions d'emplois chez Renault : un délégué CGT dénonce "une trahison totale de la part de la direction"

Jérome Delvaux accuse le PDG Jean-Dominique Sénart d'avoir menti aux salariés de l'usine Renault MCA Maubeuge lors de sa dernière visite.

Une enseigne Renault dans un garage.
Une enseigne Renault dans un garage. (STÉPHANIE BERLU / FRANCE-INFO)

"C'est une trahison totale de la part de la direction de Renault", a réagi, vendredi 29 mai sur franceinfo, Jérôme Delvaux, le délégué CGT chez Renault MCA Maubeuge (Nord). Son usine est en grève après que la direction du constructeur automobile en difficulté a annoncé la suppression d'environ 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France. Jérôme Delvaux assure que le site de Maubeuge est "la première usine du groupe en termes de compétitivité".

"Nous produisons plus de 100 véhicules par salarié par an, poursuit le syndicaliste, alors que les objectifs donnés par Renault jeudi soir pour les sites pour 2022 sont à hauteur de 80 véhicules par an et par salarié. Aujourd'hui, nous sommes au-delà de ces objectifs." Le délégué CGT attend de Jean-Dominique Sénart, le PDG de Renault-Nissan "qu'il tienne ses engagements qu'il a tenus il y a quelques mois lors de sa visite sur le site". Le patron du groupe "avait regardé les yeux dans les yeux les syndicalistes" en leur disant, "vous, MCA, votre avenir est tout tracé. Vous êtes la première usine du groupe en France. S'il y a un site qui n'a pas à s'inquiéter, c'est bien MCA", relate Jérôme Delvaux.

Un appel à Emmanuel Macron

Le délégué CGT Renault MCA Maubeuge reste "dans l'incertitude totale pour l'avenir du site de MCA". La direction du constructeur automobile envisage la fusion des sites de Douai et Maubeuge, distants de 70 km, pour créer un centre d'excellence des véhicules électriques et utilitaires légers. La production des utilitaires électriques Kangoo de Maubeuge devrait être transférée à Douai, qui héritera d'une nouvelle plateforme.

Selon Jérôme Delvaux, "les suppositions qui sont faites, c'est de ne garder que l'atelier presse qui ne représenterait à terme que 300 salariés sur les 2 100 actuellement aujourd'hui sur le site". Il en appelle au président Emmanuel Macron afin qu'il fasse "respecter au sein de Renault les engagements qui ont été pris avec MCA". En septembre 2018, le président est venu avec Carlos Ghosn pour "annoncer de très bonnes nouvelles pour le site", avec notamment "200 CDI pour MCA pour 2019, 450 millions d'euros d'investissements pour le projet XFK", le futur Renault Kangoo.

Vendredi, "l'ensemble des opérateurs de l'entreprise sont en grève", ajoute Jérôme Delvaux. "Aucune voiture n'est sortie des chaînes de production." Le délégué CGT annonce qu'une "grande manifestation" aura lieu samedi matin à partir de 9 heures 45 "au départ de l'entreprise. Nous aviserons au fur à mesure avec les salariés" de la suite du mouvement. Il assure que les salariés ne vont pas "continuer à dégager des profits pour Renault, qui voudrait nous balayer d'un revers de main".