Sommet de l'UE : ce que contient la proposition du président du Conseil européen, qui porte l'espoir d'un accord

Cette proposition "est le fruit d'un travail collectif extrêmement intense", a affirmé l'ex-Premier ministre belge.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte (à gauche), son homologue espagnol Pedro Sanchez (second à gauche), le président du Conseil européen Charles Michel (en bas) et le président de la République Emmanuel Macron, lundi 20 juillet 2020 à Bruxelles (Belgique).
Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte (à gauche), son homologue espagnol Pedro Sanchez (second à gauche), le président du Conseil européen Charles Michel (en bas) et le président de la République Emmanuel Macron, lundi 20 juillet 2020 à Bruxelles (Belgique). (FRANCISCO SECO / AFO)

La nuit s'étire à Bruxelles. Après quatre jours et trois nuits d'un sommet marathon dans la capitale belge, les 27 dirigeants européens espéraient arriver lundi 20 juillet au soir à un accord sur le plan de relance post-coronavirus, objet d'une bataille acharnée entre les pays "frugaux" et le couple franco-allemand. "Les dernières étapes sont toujours les plus difficiles, mais je suis confiant (...) Je suis convaincu qu'un accord est possible", a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel, qui joue un rôle de médiateur dans ce sommet.

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Signe d'un marchandage intense entre les différentes délégations, la séance en plénière à 27 a été maintes fois repoussée pour prendre en compte les exigences des uns et des autres : elle a finalement commencé un peu avant 21h30 locales.

Pour arriver à un compromis, Charles Michel va soumettre aux dirigeants de l'UE une proposition révisée du plan de relance, moins ambitieuse que la proposition initiale néanmoins. Cette proposition "est le fruit d'un travail collectif extrêmement intense", a affirmé l'ex-Premier ministre belge.

Près de 400 milliards de subventions

Selon un document obtenu par l'AFP, cette proposition revoit à la baisse la part de subventions dans le plan de relance : 390 milliards, contre 500 milliards prévus au départ, pour une capacité d'emprunt de 750 milliards d'euros. Ce sera la dette commune à rembourser par les 27. 360 milliards d'euros seront par ailleurs disponibles pour des prêts, remboursables par le pays demandeur.

La réduction du volume des dons est un geste en direction des pays "frugaux" – Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche– rejoints par la Finlande. A plusieurs reprises, ils ont menacé de faire capoter ce plan massif de soutien à l'économie, qui profiterait avant tout aux pays du Sud comme l'Italie et l'Espagne, les plus touchés par l'épidémie.

Main tendue aux pays "frugaux"

Charles Michel a multiplié tout au long du sommet les gages en faveur des "frugaux". Il a ainsi cherché à répondre à la demande de conditionnalité réclamée par le dirigeant néerlandais Mark Rutte, le plus difficile à convaincre, sur les plans de relance présentés par chaque pays en contrepartie des aides.

Dans sa nouvelle proposition de compromis, le président du Conseil européen a par ailleurs rehaussé les rabais obtenus par les quatre "frugaux", qui jugent leurs contributions nettes au budget de l'UE disproportionnées.

L'unanimité requise des 27 rend un accord difficile, d'autant que d'autres sujets s'avèrent tout aussi épineux, comme la question de l'Etat de droit et le budget pluriannuel de l'UE (2021-2027).