Aide exceptionnelle pour les bénéficiaires du RSA et des APL : "Il faudra aller plus loin au vu de l'urgence sociale", appelle la Fédération des acteurs de la solidarité

Son président Pascal Brice demande à ce que le dispositif de contrats aidés soit "musclé" et que les minima sociaux soient relevés jusqu'à "atteindre des niveaux décents".

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Radio France
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Des bénévoles du Secours populaire distribuant de la nourriture et des produits d'hygiène aux étudiants précaires, le 6 mai 2020 à Saint-Denis en région parisienne. (THOMAS SAMSON / AFP)

Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir une aide exceptionnelle de 150 euros pour les bénéficiaires du RSA et des APL. Pascal Brice président de la Fédération des acteurs de la solidarité, a salué jeudi 15 octobre sur franceinfo cette aide financière qu'il qualifie de "pas important", mais a souhaité que le gouvernement "aille plus loin". Notamment en augmentant les minimas sociaux à "des niveaux décents".

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franceinfo : Cette mesure va dans le bon sens ?

Pascal Brice : Oui bien sûr c'est un pas important même si nous pensons qu'il faudra aller plus loin au vu de l'urgence sociale, parce que les besoins sont là. On voit bien l'augmentation du nombre des allocataires du RSA et les indicateurs de précarité, hélas, sont là. Il y a des annonces attendues complémentaires du gouvernement ce samedi et nous souhaitons évidemment que ça aille plus loin pour faire en sorte que la lutte contre la précarité s'amplifie.

Vous voudriez une aide qui s'étale sur la durée ?

Il faut à la fois saluer ce qui est fait là parce que dans la situation du pays, chaque fois que l'engagement financier de l'État est là, à travers les départements, c'est important. Mais oui, nous continuons à penser que c'est le niveau général des minima sociaux qui devrait être relevé, notamment pendant cette période de crise. Ce dispositif va bénéficier à un nombre important de jeunes, notamment à travers les APL, mais il y a encore des jeunes qui ne vont pas pouvoir en bénéficier. Ils ne bénéficient pas du RSA entre 18 et 25 ans. On voyait bien qu'il y avait des jeunes qui ne sont pas dans leurs familles, qui sont en situation de précarité, qui sont étudiants, qui n'ont pas de formation. Il y a une préoccupation. Une préoccupation qui concerne aussi d'autres publics, qui sont des indépendants, des artisans, des auto-entrepreneurs. Il faut vraiment que les pouvoirs publics, et nous sommes disponibles pour pouvoir l'accompagner, ait une grande vigilance et une attention à ces publics-là parce que le risque de la précarité grandit. Donc, c'est une mesure importante, nous la saluons. Mais il faudrait pouvoir aller plus loin. Il y avait la perspective d'un revenu universel d'activité pour simplifier les minimas sociaux. Nous souhaitons que tout cela soit repris en même temps que ces aides d'urgence soient étendues.

Mais Emmanuel Macron privilégie l'accompagnement du retour à l'emploi.

Le Premier ministre va annoncer des mesures en complément de ce que le président a indiqué pour effectivement l'insertion par l'emploi. Ce serait vraiment une grande mobilisation à laquelle nous souhaitons continuer à prendre part dans l'ensemble de nos associations. À travers les contrats aidés, nous souhaitons qu'il y ait un grand effort qui soit mené, que les départements, que les associations soient musclées et que le dispositif soit musclé parce qu'il faut parvenir à l'insertion par l'emploi. Il faut dans le même temps, en complément de ce qui a été fait-là que les minima sociaux puissent atteindre des niveaux décents, puissent être simplifiés pour qu'on n'ait pas ces phénomènes de non-recours, c'est-à-dire des personnes qui pourraient bénéficier de ces soutiens et qui, en raison de la complexité bureaucratique et administrative, n'y parviennent pas.

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