"Ségur de la santé" : hausse de salaires, temps de travail... Les attentes de ces députés professionnels de santé

Avec le coup d'envoi lundi 25 mai d'une vaste concertation pour améliorer la prise en charge des malades et les conditions de travail des soignants, les espoirs sont grands du côté des professionnels de santé, dont certains sont aujourd’hui entrés en politique.

La députée Caroline Fiat de la 6ème circonscription de Meurthe-et-Moselle en janvier 2020. 
La députée Caroline Fiat de la 6ème circonscription de Meurthe-et-Moselle en janvier 2020.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

En 2017, Caroline Fiat est devenue députée La France insoumise de Meurthe-et-Moselle mais elle est aussi aide-soignante. La députée a d’ailleurs repris du service à l’hôpital de Nancy pendant l’épidémie de coronavirus. A l’Assemblée nationale, Caroline Fiat interpelle très souvent le gouvernement sur la situation des aides-soignantes, des infirmières, des aides à domicile.

Hausse des salaires, la priorité

Alors que le gouvernement vient de lancer des négociations avec la grande consultation sur l'hôpital qui durera sept semaines, la priorité selon elle, c'est d’augmenter les salaires et d’embaucher du personnel. Et l’un ne va pas sans l’autre. "Au CHU de Nancy il y a 50 postes vacants d'infirmiers, explique Caroline Fiat. Chez nous, il est plus simple d'aller travailler au Luxembourg ou en Belgique où on gagne mieux sa vie."

Si demain on augmente le nombre de personnels mais qu'on n'augmente pas les salaires qui vont avec, ça ne servira à rien.Caroline Fiat, aide-soignante et députée La France insoumise de Meurthe-et-Moselleà franceinfo

Augmenter les soignants et surtout les soignantes, en réalité. C’est ce que souligne Annie Chapelier, députée du Gard. Elle vient de quitter La République en Marche à l’Assemblée pour rejoindre le nouveau groupe Démocratie, Ecologie, Solidarité. Dans la vie, elle est infirmière-anesthésiste. "Une des raisons pour lesquelles ces professions sont si mal payées, explique Annie Chapelier, c'est parce qu'elles sont essentiellement féminines et cela de façon historique parce qu'autrefois elles étaient en complément de salaire."

"Il y a l'idée du dévouement, reprend-elle, et même parfois du bénévolat puisqu'elles sont souvent associées dans l'inconscient collectif, aux religieuses, qui se dévouaient corps et âme auprès des patients, et qui étaient les petites mains des médecins tout puissants." Le salaire est donc clairement la priorité des priorités, mais une autre question clé va occuper une partie des discussions qui commencent : l’organisation du temps de travail.

Le temps de travail et la problématique des 35 heures 

Thomas Mesnier est médecin urgentiste et député La République en Marche de Charente. Invité sur franceinfo, le médecin urgentiste évoque une possible remise en cause des 35 heures. "Les 35 heures ont profondément désorganisé l'hpital public, estime le médecin et député. Je ne dis pas qu'il faut supprimer les 35 heures à l'hpital public mais il n'est pas acceptable aujourd'hui que des gens qui souhaitent travailler davantage soient empêché^s ou "fassent des ménages" comme ça a pu être dit, pour reprendre l'expression, dans d'autres établissements."

Thomas Mesnier sera cet automne à l’Assemblée nationale l’un des responsables du prochain du budget de la Sécurité sociale. Le projet de loi comprendra certains des éléments négociés à partir d’aujourd’hui et promet un nouveau débat animé auquel ne manqueront pas de participer ces "députés / professionnels de santé".