Plan de déconfinement "largement avant le 11 mai", capacités de tests "renforcées"... L'exécutif précise sa stratégie après le discours d'Emmanuel Macron

Chargé de présenter d'ici quinze jours "le plan de l'après 11 mai", le gouvernement a répondu aux premières questions des députés au lendemain du discours du président.

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Edouard Philippe et Olivier Véran lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 7 avril 2020. (ALAIN JOCARD / AFP)

A quoi ressemblera la sortie du confinement en France ? Au lendemain de l'allocution d'Emmanuel Macron, le gouvernement a détaillé, mardi 14 avril, quelques points sur sa stratégie de déconfinement, prévue pour débuter lundi 11 mai. Ecoles, commerces, tests... De nombreuses questions sont restées en suspens sur les modalités de cette sortie de crise sanitaire. 

A droite comme à gauche, les oppositions ont centré leurs critiques sur ces zones d'ombre. "Il y a encore trop d'inconnues et il faut que le gouvernement donne les éléments très vite", a estimé le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Le patron des députés LR, Damien Abad, a lui pointé des "zones de flou" sur les tests et les masques. 

Un plan complet de sortie présenté "largement avant le 11 mai"

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a indiqué devant l'Assemblée nationale qu'il présenterait "un plan complet de sortie" du confinement "quand il sera prêt", en tout cas "largement avant la date du 11 mai" évoquée par Emmanuel Macron, en précisant qu'il devait "être travaillé". 

"Il appartient au gouvernement de mettre en place les instruments, les méthodes, la doctrine d'emploi, la coordination nécessaire pour faire en sorte que ces objectifs rappelés par le président de la République soient atteints, c'est ce à quoi nous nous employons", a détaillé le Premier ministre.

Le chef du gouvernement a assuré que "vers le 11 mai, nous aurons su diminuer le nombre de malades en réanimation, nous aurons su permettre à l'hôpital de reprendre une forme de capacités face au stress inouï, face à l'intensité de la première vague à laquelle il a dû faire face".

Une réouverture des écoles "peut-être dans une forme adaptée"

A propos des écoles, dont le chef de l'Etat a indiqué qu'elles pourraient rouvrir "progressivement" à partir du 11 mai, Edouard Philippe a estimé que cela pouvait se traduire "peut-être – peut-être – par une forme adaptée de réouverture des écoles", dans un fonctionnement "différent" de la normale, et en prévenant qu'il ne voulait "sur ce point rien annoncer de définitif".

"Il y a un impératif (de retour à l'école) qui est réel, il ne peut pas se faire au prix de la santé, bien entendu. Il doit être conjugué avec la nécessité de préserver la santé de nos concitoyens, de garantir le respect de règles sanitaires", a-t-il martelé, soulignant vouloir éviter que les inégalités sociales ne se creusent concernant l'accès à l'enseignement.

Les capacités de dépistage "renforcées"

Interrogé sur les moyens de dépistage disponibles lors du déconfinement, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a assuré : "Nous sommes en train de renforcer nos capacités (de tests) pour en faire massivement le moment donné, et pour répondre à la demande légitime des Français."

"L'augmentation de nos capacités PCR avec l'installation de 20 plateformes haut-débit, l'achat de millions de tests en France et à l'étranger et puis les équipements sérologiques qui viennent juste d'arriver sur le marché mondial et qui n'existaient pas il y a quelques jours", a étayé le ministre.

Un comité interministériel pour le tourisme se tiendra "courant mai"

Bien qu'encore exclu du déconfinement, le secteur du tourisme, bénéficiaire d'un plan de soutien, se prépare à une reprise d'activité l'été prochain qui nécessitera une adaptation, notamment sur le plan sanitaire, annonce le gouvernement. Le Premier ministre, Edouard Philippe, "tiendra courant mai" un comité interministériel pour le secteur où seront examinées des "mesures indispensables pour faciliter la reprise" dans le courant de l'été, a indiqué le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne Lemoyne.

De son côté, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, a rappelé dans l'Hémicycle que "900 000 entreprises bénéficient actuellement du fonds de solidarité pour un premier chèque de 1 500 euros" et qu'elles peuvent prétendre à "2 000 euros additionnels" dès le 15 avril. Concernant le chômage partiel, la secrétaire d'Etat a rappelé que 24 milliards d'euros avaient été mis sur la table pour "maintenir le lien entre les salariés et l'entreprise".

Un dispostif "équivalent" au chômage partiel garanti pour la Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française ne bénéficient pas du chômage partiel tel qu'appliqué dans l'Hexagone. "Ces collectivités étant compétentes en la matière, elles ont appliqué leurs propres dispositifs", a rappelé le député UDI Jean-Christophe Lagarde. L'élu a toutefois demandé, au nom de ses collègues ultramarins, à ce que l'Etat s'engage à faire des "concours exceptionnels" pour financer ce dispositif.

"Le projet de loi de finances rectificatives contiendra une disposition permettant à l'Etat de garantir les emprunts consentis par le territoire de Nouvelle-Calédonie, a répondu Edouard Philippe. Cette mesure permettra "un dispositif équivalent au chômage partiel" en métropole.

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