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Reprise de l'école au moment du déconfinement : "Il y a des peurs, des craintes, et parfois de la colère" chez les enseignants, selon l'UNSA

"On ne va pas demander aux professeurs de faire cours toute la journée et le soir de devoir à nouveau faire classe pour les élèves qui n'étaient pas présents", prévient le syndicat.

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Radio France
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Frédéric Marchand, secrétaire général de l'UNSA Education, lors d'une manifestation contre la loi "pour une école de la confiance", le 30 mars 2019. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Le retour à l'école le 11 mai au moment du déconfinement se fera sur la base du volontariat, a indiqué Emmanuel Macron. Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi, 64% des personnes interrogées n'enverront pas au moins un de leurs enfants à l'école et 48% n'enverront aucun de leurs enfants en cours. Faute d'informations claires, les enseignants ne sont pas rassurés. "Il y a des peurs, des craintes, et parfois de la colère de ne pas savoir" comment les choses vont se passer, a expliqué vendredi 24 avril sur franceinfo Frédéric Marchand, secrétaire général de l'UNSA Education. Pour lui, "on ne peut pas imaginer que tout le monde puisse reprendre d'ici les vacances d'été".

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franceinfo : Que pensent les enseignants de la reprise le 11 mai ?

Frédéric Marchand : Il y une grande inquiétude et beaucoup d'incertitudes sur ce qui peut se passer. Ily  a des peurs, des craintes, et parfois de la colère de ne pas savoir. On va retourner à l'école le 11 mai, mais il n'y a pas de protocole pour la réouverture et on ne connaît pas la doctrine sanitaire qui permettra cette reprise. La priorité c'est de commencer par définir les conditions sanitaires de sécurité pour tout le monde et qui permettront une reprise qui ne pourra être que progressive et sans doute que partielle. On ne peut pas imaginer que tout le monde puisse reprendre d'ici les vacances d'été.

Vous n'avez toujours pas eu d'informations ?

On n'a pas d'informations supplémentaires, ça reste dans le flou. Un des gros soucis que nous avons, c'est que nous avons des communications peu claires qui arrivent à un moment de Matignon, du ministère de l'Éducation, de l'Élysée. Je vois bien qu'il y a des choses en discussion. Il faut répondre à beaucoup de questions autour du transport, de la restauration, de l'accueil dans l'établissement, savoir s'il faudra porter des masques. Nous n'avons pas les réponses et pour nous la priorité, c'est de définir les conditions sanitaires avant le reste.

Qu'en est-il de l'organisation des cours ?

Jean-Michel Blanquer a présenté des pistes, à l'Assemblée nationale, qui ont surpris tout le monde parce qu'on n'avait pas discuté de ce scénario-là. Le volontariat je l'entends, on voit bien qu'il y a tellement d'inquiétude qu'on ne pouvait pas imposer aux familles, mais derrière, cela posera des questions pour savoir qui vient ou pas. Il ne faudra pas que ce soit désorganisé.

Que se passera-t-il pour les enfants qui ne reviendront pas ?

On ne va pas demander aux professeurs de faire cours toute la journée et le soir de devoir à nouveau faire classe pour les élèves qui n'étaient pas présents. Ce n'est pas envisageable. Les enseignants ne vont pas avoir une double charge. Il n'y a pas urgence à reprendre le 11 mai, cela peut être plus tard, si on n'est pas capables d'avoir une organisation.

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