Pré-rentrée des écoles : une journée de "manutention" consacrée surtout à la réorganisation des classes, explique une directrice

Sur 280 élèves, elle ne pourra en accueillir dans un premier temps que 40 en respectant les critères de santé et d'hygiène. Selon elle, 50% des parents étaient prêts à remettre les enfants à l'école.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Les écoles réaménagent les classes pour accueillir les enfants en respectant les protocoles d'hygène imposés par le coronavirus (photo d'illustration). (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Lundi 11 mai est un jour de pré-rentrée pour les enseignants avant la réouverture des écoles mardi. "Nous allons devoir faire beaucoup de manutention, organiser les classes, faire du métrage", explique sur franceinfo la directrice de l'école élémentaire Simon Bolivar dans le 19e arrondissement de Paris, Laaldja Mahamdi, aussi membre du syndicat SNUipp FSU. Seulement 1,5 million d'écoliers pourront être accueillis dans les écoles, soit un quart des élèves.

>> Coronavirus : suivez la première journée du déconfinement en direct.

franceinfo : Qu'allez-vous faire pendant cette journée de pré-rentrée ?

Laaldja Mahamdi : Pour nous, ce n'est pas une rentrée des classes habituelle et c'est beaucoup d'inquiétude qui prime aujourd'hui. Nous nous réunissons pour organiser le mieux possible cet élargissement de l'accueil des enfants. Nous allons devoir faire beaucoup de manutention, organiser les classes, faire du métrage, mesurer à combien de distance on va séparer les tables, déplacer les meubles, disposer les tables en respectant les distances obligatoires, effectuer un marquage au sol devant l'école, dans l'école, vérifier le sens des déplacements, organiser un nouveau plan d'évacuation, organiser l'échelonnement des entrées et des sorties, organiser l'échelonnement des récréations, organiser l'échelonnement des départs à la cantine. Donc, il y a énormément de tâches à faire aujourd'hui.

Aurez-vous assez de place pour accueillir tous vos élèves, mêmes en distançant les tables ?

C'est difficile parce que nous aurions envie de revoir tous nos élèves et nous ne sommes pas contre une réouverture élargie. Mais il faut nous laisser le temps de nous approprier le protocole sanitaire et nous organiser au mieux. Aujourd'hui, sur 280 élèves environ, nous ne pourrons en accueillir qu'une quarantaine en respectant les critères de santé et d'hygiène et en respectant les instructions académiques sur les catégories professionnelles prioritaires. Nous avons fait un sondage auprès des parents qui souhaitaient ou non aussi remettre leurs enfants à l'école.

Il y a des parents qui nous écrivent qu'ils ne remettront pas leurs enfants à l'école si on les empêche d'être des enfants. 

Laaldja Mahamdi, directrice d'une école élémentaire dans le 19e à Paris

à franceinfo

Moi, j'ai 50% des enseignants qui seront présents. Donc, avec tous ces points, nous ne pourrons accueillir qu'une quarantaine d'enfants, alors qu'on a à peu près 50% des parents qui souhaiteraient que leurs enfants reviennent à l'école [soit 140 enfants]. Donc, on a pris en priorité effectivement les catégories socioprofessionnelles prioritaires, à savoir les enfants de soignants, personnels de police et de pompiers, les personnels des agents de la Ville, et avec ça, on remplit pas mal de places, déjà. Et puis ensuite, nous avons sélectionné des enfants qui ont une priorité sociale et pédagogique et qui sont très en difficulté.

Si un enfant tombe, pourrez-vous le consoler ?

On est des humains et on est des professionnels, donc on ira le consoler. Ensuite, on ira se laver les mains. On essaiera de respecter un maximum les gestes barrières. Mais voilà, on a un public d'enfants, donc on ne peut pas laisser un enfant pleurer sans le consoler. Nous sommes des professionnels, donc nous essaierons au maximum de respecter les gestes barrières. Mais si un enfant tombe, on le soignera, évidemment.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.