Vidéo Le mouvement contre le pass sanitaire exprime "une rupture de confiance sur la façon dont les mesures sont prises", estime le politologue Antoine Bristielle

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Renforcer la démocratie participative et associer "plus directement la population au pouvoir" avec un "contrôle plus effectif sur les élus", serait un moyen de "restaurer la confiance entre le peuple et les élites", estime le chercheur.

Le mouvement contre le pass sanitaire exprime "une rupture de confiance, pas tant sur les mesures qui sont prises, mais sur la façon dont elles sont prises", a déclaré lundi 2 août sur France Inter Antoine Bristielle, directeur de l’Observatoire de l’opinion de la Fondation Jean-Jaurès.

Les manifestants de ces derniers samedis sont loin d'être tous anti-vaccin, souligne le chercheur en sciences politiques. Il y a "des personnes qui sont anti-vaccins, mais aussi d'autres qui manifestent plus clairement contre le pass sanitaire ou pour les libertés ou contre le fait que ce soit quelque chose qui soit imposé par le haut par le gouvernement", détaille-t-il. Cela explique également le "soutien de ce mouvement dans l'opinion publique ou en tout cas une sympathie exprimée envers le mouvement, qui est de l'ordre de 40 % de la population", alors qu'aujourd'hui "il n'y a plus que 17 % de la population qui refusent de se faire vacciner" contre le Covid-19.

Un sentiment "d'illégitimité" des institutions

Les opposants au pass sanitaire "sont plutôt des personnes qui sont relativement jeunes, il y a une surreprésentation des 25-34 ans qui considèrent être les plus impactés par le pass sanitaire, alors que ce sont eux qui bénéficieraient en théorie le moins de la vaccination", poursuit le chercheur. "On voit également plutôt des personnes qui sont soit abstentionnistes, soit proches de La France insoumise, ou du Rassemblement national, donc des personnes qui sont assez défiantes de manière générale envers les institutions politiques", ajoute-t-il.

Antoine Bristielle estime qu'on peut faire le lien avec le mouvement des "gilets jaunes", car "plus les personnes soutiennent le mouvement des 'gilets jaunes', plus elles sont favorables à ces manifestations contre le pass sanitaire". D'après lui, ce nouveau mouvement anti-pass sanitaire traduit "à nouveau quelque chose de la façon dont la société française considère les institutions". Globalement on peut y voir un sentiment "d'illégitimité à ce que ce soient ces institutions, qui prennent des décisions qui sont extrêmement fortes". Cela pose la question du mécanisme de prise de décisions, qui avait déjà été dénoncé par les "gilets jaunes" prônant le référendum d'initiative citoyenne. Renforcer la démocratie participative et associer "plus directement la population au pouvoir" avec un "contrôle plus effectif sur les élus, ça aurait quand même tendance à pouvoir restaurer la confiance entre le peuple et les élites", estime le chercheur de Fondation Jean-Jaurès.

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