Fin de la gratuité des tests Covid-19 : "Ça a permis d'avoir des finances supplémentaires", reconnaît un pharmacien

À partir de ce vendredi, les tests Covid-19 dits "de confort" ne sont plus remboursés. Un arrêt qui signe la fin d'un business juteux.  

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Radio France
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Pharmacie à Boulogne Billancourt, le 15 décembre 2020.  (ALICE KACHANER / FRANCE-INTER)

Parler argent et profit, cela reste tabou chez de nombreux pharmaciens. Alors qu'à partir de vendredi 15 octobre, les test dits de "confort" ne sont plus remboursés, ils sont peu nombreux à reconnaître que les tests antigéniques en pharmacie ont été un bon filon depuis la mise en place du pass sanitaire cet été.

Jusqu'à aujourd'hui, les professionnels étaient remboursés 25 euros par la Sécurité sociale pour la réalisation d'un test."On reconnaît que ça a permis d'avoir des finances supplémentaires dans la pharmacie", admet Bruno Fellous, pharmacien. "En moyenne une pharmacie peut faire 80 tests par jour, ça fait 2 000 euros, poursuit-il. De là vous enlevez l'achat du test, la mobilisation, le temps passé, car on doit le rentrer sur SI-DEP [plateforme recueillant l’ensemble des résultats de tests] et ça met un peu plus de temps"."On va dire qu'on récupère 40 à 45%, un peu moins de 1 000 euros. Oui c'est pas mal", reconnaît le pharmacien. 

Tous les pharmaciens contactés tiennent à souligner aussi que cet été et cet automne, la réalisation de tests antigéniques a demandé beaucoup de travail en plus, des embauches, et que cela répondait à un besoin de santé publique.

Une bonne opération pour les prestataires

Tous les pharmaciens n'ont pas réalisé eux-mêmes les tests. Certains ont fait appel ou ont été démarchés par des prestataires qui proposent des solutions clés en main. Une pharmacienne qui a prêté un bout de trottoir devant son officine et a supervisé la réalisation des tests antigéniques, montre ses factures. Sur 172 tests effectués cette semaine-là, elle a reçu 4 300 euros de remboursement de la Sécurité sociale. Elle en a gardé un quart, soit 1 200 euros, et reversé les trois quarts à son prestataire, soit 3 000 euros. Lui a installé la tente, fourni les tests, embauché les étudiants en santé qui ont fait les prélèvements et transmis le résultat à la Sécurité sociale.

"Tout cumulé, parce qu'on est pas que sur les pharmacies, on a fait 650 000 tests antigéniques auprès de centres commerciaux, festivals, salons, boîtes de nuit et les différentes pharmacies, indique Jordan Cohen, le fondateur d'Ajan, une de ces entreprises prestataires, créé il y a moins d'un an. "On a dû prendre entre 15 et 20% de ce chiffre d'affaire-là. C'est globalement rentable", reconnaît le chef d'entreprise.   

Avec la fin des remboursements des tests dits "de confort", la société va retirer peu à peu ses barnums devant les pharmacies et se lancer sur un autre marché de la santé, celui des cabines de téléconsultation. Le gouvernement s'attend à ce que le nombre de tests soit divisé par deux et tombe à un million et demi, deux millions de tests par semaine, dans les prochains jours. Au pic, en août-septembre, jusqu'à 700 000 tests antigéniques ont été réalisés chaque jour. 

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