Parents, patrons, maires… Les nouvelles mesures décidées par Emmanuel Macron pour freiner le Covid-19 ne convainquent pas

Les doléances sont générales. La fermeture des écoles et le regroupement à l'échelle nationale des vacances scolaires notamment, mécontentent autant les parents que les patrons.

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Radio France
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Des Français devant leur télévision mercredi 31 mars pour écouter les nouvelles mesures de lutte contre le Covid-19 annoncées parle président Emmanuel Macron. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Pour endiguer l'épidémie, Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir que les crèches, écoles, collèges et lycées seraient fermés pendant trois semaines, à partir du lundi 5 avril. Après une semaine de cours à distance, les vacances scolaires de printemps, unifiées sur tout le territoire français, commenceront le 12 avril pour s'achever deux semaines plus tard, le 26 avril. Par ailleurs, les mesures de freinage en vigueur sur 19 départements sont étendues à tout le pays avec interdiction de se dépacer entre régions sauf motifs impérieux. Des décisions qui suscitent un mécontentement général.

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Parents d’élèves : c’est encore aux parents "de se débrouiller"

"La responsabilité retombe encore une fois sur les parents", a déploré jeudi 1er avril sur franceinfo Carla Dugault, co-présidente de la FCPE, la Fédération des conseils de parents d’élèves. C'est aux parents "de se débrouiller pour réorganiser les choses, pour trouver un endroit où il y a moins de bruit pour que leurs enfants puissent continuer les apprentissages", a expliqué Carla Dugault qui s'est dite "très déçue" par le gouvernement car "aucune annonce de moyens pour l'école n'a été justement annoncée".

Il aurait fallu, selon la co-présidente de la FCPE, anticiper "recruter massivement des enseignants et des personnels de l'Éducation nationale pour avoir des classes avec des groupes plus petits, et du coup, que les brassages se fassent moins entre élèves, par exemple" ou encore que l'Éducation nationale prenne en charge le coût des masques.  

Entreprises : "Non seulement le salarié ne sera pas présent, mais on va perdre du chiffre d'affaires"

"Les entreprises vont devoir une fois de plus se réorganiser", a critiqué de son côté Yann Orpin, président du Medef Lille-Métropole. "Les annonces d'hier ne sont pas forcément une bonne nouvelle au niveau économique", commente-t-il. Yann Orpin s'inquiète notamment du déplacement des vacances scolaires, avancées de deux semaines dans la zone B dont fait partie Lille. "On a commencé dès hier soir" à réorganiser les congés. "Dans les 48 heures, on va appeler tout le monde. Il va falloir créer un dialogue social avec le CSE, avec les collaborateurs pour voir ceux qui sont prêts à avancer les vacances, les décaler et de faire en sorte qu'ensemble, on arrive à trouver des solutions les meilleures possibles pour que l'entreprise puisse continuer comme son activité économique."  

Le représentant du patronat lillois souligne aussi le poids lié à la rémunération du chômage partiel qui sera applicable dans les "secteurs non-protégés" : "Non seulement le salarié ne sera pas présent, mais on va perdre du chiffre d'affaires. Et en plus, il va falloir qu'on mette un complément de salaire qu'on n'avait pas à mettre il y a un an", s'inquiète-t-il.  

Maires ruraux : "Que l'on ne fasse pas payer à tout le monde" le comportement de ceux qui "abusent" !  

"Il n'est pas logique de vouloir faire en sorte que tout le monde soit logé à la même enseigne alors que certains abusent un peu de la situation", s’est indigné sur franceinfo Michel Fournier, président de l’association des maires ruraux de France, maire de la commune des Voivres (Vosges). Michel Fournier a pris l'exemple de Paris où il était mercredi, se disant étonné du monde qu'il y avait sur "les quais de Seine" et la façon dont se déroulait le confinement en banlieue. "Que les gens soient en extérieur plutôt comme un appartement régulièrement, pourquoi pas ? Mais que l'on ne fasse pas payer à tout le monde, et notamment au milieu rural", a revendiqué le président de l’association des maires ruraux de France.

Selon lui, il aurait été plus judicieux de rester sur une politique territoriale : "Il y a des départements où les 10 kilomètres ne se justifient certainement pas", a-t-il déclaré tout en expliquant qu'il fallait "être très humble" parce que personne ne savait exactement ce qu'il fallait "faire au plus juste".

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