Covid-19 : six questions que vous vous posez sur la fermeture des écoles, collèges et lycées

Pour freiner une troisième vague de l'épidémie exponentielle, l'exécutif s'est résolu à fermer les établissements scolaires et à modifier le calendrier des vacances scolaires. Explications.

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Une classe de 4eme, le 15 mars 2021, à Perpignan (Pyrénées-Orientales). (JC MILHET / HANS LUCAS / AFP)

C'est acté. Alors que plusieurs voix s'élevaient depuis plusieurs jours pour réclamer la fermeture des établissements scolaires en France, Emmanuel Macron a annoncé que les écoles, collèges et lycées seraient fermés pendant quatre semaines dans le pays pour lutter contre la troisième vague de Covid-19.

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Dans le détail, les élèves ne sont pas tous logés à la même enseigne, même si les vacances de printemps des trois zones sont unifiées pendant trois semaines. Qui fera sa rentrée le 26 avril ? Quelles aides pour les parents ? Quid des étudiants ? Franceinfo répond aux six questions que parents et élèves se posent.

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Quels établissements seront fermés ?

Les crèches, écoles, collèges et lycées seront fermés pendant trois semaines, sauf "pour les enfants des soignants et de quelques autres professions, de même que les enfants en situation de handicap", a précisé le chef de l'Etat. La semaine du 5 au 12 avril, les cours se feront à distance depuis la maison pour les écoliers, les collégiens et les lycéens.

La solution retenue pour l'enseignement est "la plus adaptée pour freiner le virus, tout en préservant l'éducation et donc l'avenir de nos enfants", a fait valoir Emmanuel Macron.

Quand auront lieu les vacances ?

Les vacances scolaires de printemps vont être unifiées pour les trois zones de découpage traditionnelles. Ainsi, les congés se dérouleront sur tout le territoire du 12 au 26 avril, au lieu d'être étalées du 12 avril au 10 mai. La rentrée est donc fixée pour tous au lundi 26 avril. Elle se fera physiquement pour les maternelles et les primaires. Et à distance pour les collèges et les lycées. "Le 3 mai, les collégiens et les lycéens pourront retrouver physiquement leurs établissements", a précisé Emmanuel Macron, "avec des jauges adaptées".

A quoi ai-je droit pour garder mes enfants ?

"Comme depuis un an, l'accompagnement économique et social sera au rendez-vous", a promis Emmanuel Macron. "Les parents qui devront garder leurs enfants et ne peuvent pas télétravailler auront droit au chômage partiel", a assuré le chef de l'Etat. Pour les salariés du privé, le chômage partiel peut donc être mis en place si le télétravail est impossible, si l'enfant a moins de 16 ans ou est en situation de handicap, indique l'Assurance-maladie

Le dispositif ne concerne qu'un seul parent sur deux, même s'il "est possible de fractionner l'arrêt ou de le partager entre les parents sur la durée de fermeture de l'établissement ou de la période d'isolement", précise l'Assurance-maladie. Le salarié en chômage partiel percevra 84% de son salaire net et l'employeur devra combler 15% supplémentaires. Si le parent en chômage partiel est payé au smic, il n'aura pas de perte de revenu en activité partielle. "Quand vous êtes payés au smic, quand vous êtes en activité partielle vous touchez 100% de votre salaire", a assuré la ministre du Travail, Elisabeth Borne, sur Europe 1.

Pour les professions libérales et les indépendants, le régime est différent. "C'est le fonds de solidarité qui peut accompagner", a indiqué Elisabeth Borne. Ces professions doivent pouvoir, elles aussi, prouver que le télétravail n'est pas possible. "Pour bénéficier d'un arrêt de travail, le travailleur non salarié doit fournir un justificatif attestant de la fermeture de l'établissement/classe/section selon les cas. La déclaration doit être faite sur le site declare.ameli.fr ou declare.msa.fr", détaille l'Assurance-maladie. Sont aussi concernés par ce dispositif les travailleurs indépendants, les travailleurs non salariés agricoles, les artistes auteurs, les stagiaires de la formation professionnelle, les professions libérales, les professions de santé libérales, ainsi que les gérants salariés, les contractuels de droit public de l'administration et les fonctionnaires à temps partiel travaillant moins de 28 heures.

Les fonctionnaires peuvent, eux, être placés "en autorisation spéciale d'absence (ASA)". Enfin, dans le cadre de stagiaires en formation professionnelle, les démarches sont à effectuer auprès de l'organisme de formation. Les conditions d'attribution de l'arrêt de travail sont les mêmes que pour les salariés.

Quel sort pour les étudiants ?

Rien ne change pour eux. Ils pourront, pour ceux qui le souhaitent, continuer durant toute cette période à se rendre à l'université pour une journée par semaine, a indiqué le chef de l'Etat. Isolement, précarité, difficultés pour travailler… Les témoignages d'étudiants en difficulté se sont multipliés ces derniers mois, depuis le début du deuxième confinement, notamment sur les réseaux sociaux avec le mot-dièse #étudiantsfantômes.

Les établissements sont-ils mieux préparés aux cours à distance ?

"On fera sans doute mieux en enseignement à distance que ce qu'on a pu faire au printemps dernier", espère sur franceinfo Florence Delannoy, secrétaire générale adjointe du SNPDEN et proviseure du lycée international Montebello, à Lille. "On est sans doute mieux préparés techniquement puisqu'on a pu, dès la rentrée, recenser les élèves qui n'avaient pas d'ordinateur, par exemple, recenser les élèves qui avaient des difficultés de connexion Internet. Ça, on le maîtrise un peu mieux", ajoute-t-elle.

Elle s'interroge tout de même sur l'organisation des examens de fin d'année. "Il y a des inégalités, maintenant, on va devoir travailler entre professionnels" pour trouver "comment on prend en compte les différentes inégalités et quels moyens on va pouvoir mettre en œuvre pour essayer de les compenser." Il reste encore quelques épreuves du bac qui n'ont pas été annulées au mois de juin et les épreuves du brevet des collèges.

Jean-Rémi Girard, président du Snalc (lycées et collèges), regrette, lui, auprès de l'AFP "que le gouvernement n'[ait] pas fait assez d'investissement depuis un an pour préparer ce retour en arrière". "Il y a encore de nombreux élèves qui ne sont pas équipés en ordinateurs", a-t-il donné en exemple.

Comment cette décision est-elle accueillie par les enseignants et les parents ?

"On touche enfin à l'école, avec des mesures de fermeture, qui jusqu'ici étaient complètement écartées. C'est donc un cruel constat d'échec, car rien n'a été mis en place en amont dans les établissements pour l'éviter", a réagi auprès de l'AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. De son côté, Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU (premier syndicat du primaire), espère que "le protocole qui régira le retour à l'école fin avril sera plus strict que l'actuel sur les mesures d'aération ou encore de brassage des élèves".

Plus d'un an après le début du premier confinement, de nombreux parents d'élèves qui ont "très mal vécu" l'école à la maison, ont quant à eux l'impression de s'apprêter à "revivre le même enfer", s'est inquiétée, avant le discours d'Emmanuel Macron, Albane, quadragénaire parisienne mère de deux enfants scolarisés en maternelle. "Si c'est ça qui est décidé ce [mercredi] soir, ça va être dur, car cette fois on sait ce qui nous attend. Quand on ferme les écoles, le télétravail avec les enfants en permanence dans les pattes, c'est pas la solution", a-t-elle anticipé.

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