"On n’imagine pas sortir de l’année 2020 avec de la croissance" : Salomon, leader mondial du ski, espère un rebond

Au siège de la marque, près d’Annecy, l’activité est encore ralentie en raison de la crise mais le tableau n’est pas si noir pour la marque française, qui entend notamment rebondir grâce à la course à pied et au marché américain.

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édité par Aude Lambert - Jérôme Val
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Les ateliers Salomon, le Prototype Center transformé en atelier de fabrication de masques, Annecy, le 10 juin 2020. (JÉRÔME VAL / FRANCE-INFO)

La reprise économique et ses incertitudes, toutes les entreprises y sont confrontées depuis la fin du confinement. C’est le cas chez Salomon, leader mondial du ski, conscient que l'année 2020 sera difficile avec une baisse d’activité envisagée. Mais le tableau n’est pas si noir pour la marque française qui se fait aussi une place dans le milieu de la course à pied.

Basé en Haute-Savoie, à côté d’Annecy, le "Annecy Design Center" de Salomon tourne au ralenti. Les bureaux sont quasiment vides et sur les 900 salariés qui y travaillent, seule une poignée est sur place. Les ateliers eux, recommencent à fonctionner normalement. Le "Prototype Center", c’est l’endroit où d’ordinaire sont créés les prototypes, ceux des chaussures de ski par exemple. Mais depuis plus de deux mois, il est transformé en atelier de fabrication de masques. "On en produit 1 200 par jour", explique son responsable Jean-Noël Thevenoud.

Aujourd’hui, nous n’avons retrouvé que 20% de notre activité normale. Ce sont des mois de perdus pour notre activité.

Jean-Noël Thevenoud, responsable du Prototype Center de Salomon

à franceinfo

Des mois pendant lesquels la recherche sur les produits a été stoppée. "Il y avait des produits qui étaient suffisamment avancés et là, ils sont en train de les finir, détaille Benjamin Aidan, le directeur marketing de la marque. On va pouvoir les sortir en 2021 mais on a déjà arrêté certains projets. On les reprendra plus tard, et on décale d’un an la commercialisation de ces produits."

Les bureaux de Salomon, Annecy, 10 juin 2020. (JÉRÔME VAL / FRANCE-INFO)

L'essor de la course à pied depuis le confinement

Le leader mondial du ski, racheté l’année dernière par un groupe chinois, Anta Sports, sait déjà que 2020 est une année à oublier même si elle devrait être moins dure que prévu. "On n’imagine pas sortir de l’année 2020 avec de la croissance, explique le vice-président de Salomon Éric Pansier. La bataille, c’est plus de limiter cette décroissance". Le vice-président explique que la marque craignait d’avoir une décroissance à deux chiffres, or "on voit qu’on va plutôt gérer quelque chose à un chiffre mais sur le moyen et long terme, je n’ai aucun doute que les activités sportives à l’avenir vont rester au cœur des préoccupations des Français en particulier, et de nos consommateurs dans le monde."

La baisse d'activité de Salomon ne sera peut-être pas aussi importante que prévu pour la marque française, grâce notamment au secteur de la course à pied, Annecy, 10 juin 2020.  (JÉRÔME VAL / FRANCE-INFO)

Salomon, c’est deux branches. Le ski, bien sûr, activité historique de la marque, quand le fondateur de l’entreprise Georges Salomon ouvrait en 1947 un atelier dans le vieil Annecy. Mais cette branche ne représente plus que 30% du chiffre d’affaire. Plus de la moitié provient de sa deuxième branche : la course à pied, un secteur en plein boom depuis le confinement. "On a tous nos canaux d’e-commerce et de ventes en ligne qui n’ont jamais arrêté et qui connaissent de grosses progressions, observe Benjamin Aidan. On a l’impression que ce confinement a permis à chacun de se reconcentrer sur soi, sur sa famille, sur les activités extérieures, sur les activités extérieures en montagne, sur les collines ou dans les forêts... Ça a incité les gens à aller beaucoup plus dehors et c’est ce que l’on voit depuis quelques semaines"

Aux États-Unis, des signes encourageants

Le premier marché de Salomon, avant la France, ce sont les États-Unis où la situation économique est incertaine mais même là-bas, les signes sont plutôt encourageants. Éric Pansier, le vice-président, a des contacts réguliers avec ses équipes sur place. "Ce sont les premiers à parler d’une décroissance bien inférieure à ce qu’ils avaient prévu, raconte-t-il. Ça va faire partie pour nous des marchés qui vont nous tirer en locomotive pour réduire l’impact de la crise. La taille des populations là-bas qui vont revenir au sport, qui se rééquipent, fait qu’on est très optimiste. C’est un peu contre-intuitif mais c’est ce qu’on sent venir." 

L’interrogation aujourd’hui concerne la prochaine saison hivernale, les ventes de produits Salomon étant très fortes après l’été. Les Français, dont le pouvoir d’achat a été impacté par la crise, retourneront-ils skier ?

La marque française en tout cas voit plus loin avec la perspective des Jeux Olympiques d’hiver de 2022 en Chine, nationalité de la maison-mère, et les championnats du monde de ski qui se dérouleront presque à domicile, à Méribel et Courchevel. Deux événements majeurs qui pourraient redonner un second souffle à Salomon.

Le reportage de Jérôme Val au siège de Salomon à Annecy.
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