"On n’a pas le choix, faut reprendre" : avant le déconfinement, l'activité reprend timidement dans certaines villes

Des salariés ont repris leur travail et des commerces ont rouvert malgré la fin du confinement prévu le 11 mai. Exemple à Alfortville, en région parisienne.

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Radio France
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Devanture de magasin, en avril 2020 (illustration). (AMAURY CORNU / HANS LUCAS / AFP)

"Ça va, il y a du mouvement dans la ville. Pour un confinement, c’est tranquille !" À Alfortville,dans le Val-de-Marne, Jérémy reprend le travail, lundi 27 avril, après avoir passé plus d’un mois en confinement. Et en sortant de la boulangerie, il constate, avec son collègue : "Les magasins sont ouverts, il y a du monde..." Jéremy dépanne des ascenseurs. "On n’a pas le choix, faut reprendre", explique-t-il. Mais la reprise est "calme", indique Jérémy en souriant, "on y va doucement".

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Beaucoup de commerces n’ont pas attendu l'annonce de la "stratégie nationale" de déconfinement par Edouard Philippe, mardi devant l'Assemblée. Ils ont ouvert, donnant l’impression que le déconfinement a comme déjà commencé. L'activité reprend mais timidement.

Trop, pour Ali qui a rouvert son restaurant de grillades, uniquement à emporter. Ses trois employés sont toujours au chômage partiel, seul Ali a repris sa place, il dit avoir perdu 10 000 euros. "J'ai déjà presque coulé." C’est son fils et sa femme qui l'ont encouragé à reprendre l'activité. "Si on n’a pas d’argent, on ne peut pas vivre". Mais il n’arrive à "rien du tout". "Je n'arrive même pas à faire 200 euros en une journée. Avec 200 euros, qu'est-ce que je peux faire ?"

Ali n’est pas le seul à avoir rouvert son magasin. Désormais à Alfortville, il est possible d’aller chez le garagiste, le quincaillier ou le fleuriste. "Tous les matins je passais au moins deux heures dans mon magasin, explique Alain qui tient une petite jardinerie-animalerie. Je ne faisais rien, mais j’étais quand même dans mon magasin. J’avais hâte de reprendre et là je reprends bien".

"Un peu une échappatoire"

Ça fait une semaine qu’Alain est ouvert mais avec des petits changements : il ne propose plus de fleurs coupées et concentre son activité sur la jardinerie. "Les gens en ont tellement marre d’être confinés chez eux à ne rien faire qu’ils vont vers les activités qui leur permettent de trouver un peu une échappatoire, explique Alain. Par exemple, à la quincaillerie, les gens vont peut-être acheter de la peinture pour pouvoir un peu bosser à la maison, ou chez moi pour faire des jardinières."

Dans mon magasin, les gens d’eux-mêmes restent à 1,5 m ou 2 m. Ils rentrent chacun leur tour. Je n’ai même pas besoin de dire quoi que ce soit.

Alain, commerçant

à franceinfo

Si les clients se sont adaptés, la plupart des commerçants attendent désormais de pouvoir récupérer des masques, une condition essentielle pour travailler et recevoir la clientèle en toute sécurité.

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