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"On condamne quelqu'un à de la prison, pas à attraper le Covid", s'insurge la contrôleure générale des lieux de privation de liberté

Dominique Simonnot était interrogée sur franceinfo mercredi sur la situation épidémique dans les prisons françaises, alors que Salah Abdeslam, principal accusé des attentats du 13 novembre 2015, vient d'être testé positif au Covid-19.

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Radio France
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Un couloir de la prison de Fleury-Mérogis, le 15 septembre 2021. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"On condamne quelqu'un à de la prison, pas à attraper le Covid", s'insurge Dominique Simonnot, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, invitée de franceinfo mercredi 29 décembre. Elle était interrogée sur la situation épidémique dans les prisons françaises, alors que Salah Abdeslam, principal accusé des attentats du 13 novembre 2015, vient d'être testé positif au Covid-19 pourtant est en isolement dans la prison de Fleury-Mérogis. "La prison de Fleury Mérogis n'est pas la seule dans laquelle il y a un cluster. A Perpignan, par exemple, 100 détenus sont positifs", a-t-elle pointé.

franceinfo : Y-a-t-il un cluster dans la prison de Fleury-Mérogis, où est enfermé Salah Abdeslam ?

Dominique Simonnot : Oui, mais la prison de Fleury-Mérogis n'est pas la seule dans laquelle il y a un cluster. A Perpignan par exemple, 100 détenus sont positifs. Mais il y en a aussi à Rennes, à Béziers, à Argentan, un autre dans le Lot... Et c'est normal, avez-vous entendu un mot des prisons dans les allocutions du Premier ministre ou du ministre de la Santé ? Moi non. Une mesure spéciale serait salutaire. On condamne quelqu'un à de la prison, pas à attraper le Covid. On ne le condamne pas à être entassé à trois dans un mètre carré d'espace vital. Je trouve cela lamentable, préoccupant, également de la part des juges qui continuent d'envoyer des personnes en prison alors qu'ils sont au courant de la situation. On nous dit : "Il faut respecter les gestes barrières", mais comment ? Nous étions tombés à 58 000 détenus, nous sommes remonté à 69 992.

Il faudrait davantage d'alternatives à la prison, aujourd'hui en particulier ?

Il faut absolument que les élus, les parlementaires, les candidats à l'Elysée aient le sens de la responsabilité et cessent d'appeler à de plus en plus de d'incarcération, de répression. Il faut développer les alternatives, comme le travail d'intérêt général, les placements à l'extérieur qui accompagnent les condamnnés vers la société... Le seul point positif apporté par le Covid, c'est lorsque Nicole Belloubet a demandé la libération de personnes en fin de peine pour des crimes et des délits peu graves.

Comment se déroulent les parloirs aujourd'hui ?

Aujourd'hui les parloirs se déroulent dans des conditions extrêmes. Il faut arriver une heure en avance et si on arrive avec cinq minutes de retard à cette avance, le parloir est annulé. Il faut savoir que la vaccination en prison a suivi sans distinction la vaccination à l'extérieur... A l'exception des centres de rétention pour les étrangers en instance d'expulsion vers leur pays d'origine. Là-bas, on ne vaccine pas, on préfère y faire des tests ! Personnellement, j'y vois un manque de volonté. Pourquoi ne pas faire sortir des détenus qui de toute façon vont sortir dans 15 jours ? Pourquoi ne pas proposer la vaccination dans les centres de rétentions ?

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