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Nouveau monde. Bientôt une application pour traquer le coronavirus tout en respectant la vie privée

Un groupe international d’experts lance cette semaine une plateforme visant à développer des applications mobiles pour éviter la propagation du virus sans nuire à la vie privée.

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Illustration (PIERRE ROUSSEAU / MAXPPP)

Le consortium PEPP-PT (initiales en anglais de "Traçage de proximité paneuropéen préservant la confidentialité") est composé de 130 scientifiques, technologues et experts des institutions de huit pays européens. Ils publient cette semaine des principes techniques et du code informatique en open source qui devraient permettre de créer des applications mobiles permettant de sortir du confinement.

La technique du PEPP-PT est basée sur ce qu’on appelle le contact tracing, c'est-à-dire l’analyse des historiques de proximité des gens les uns avec les autres. Cela fonctionne grâce au Bluetooth des téléphones mobiles, ce signal radio à courte portée qui permet à des smartphones situés dans une zone très limitée de "communiquer" entre eux.

Moins intrusif que la localisation GPS

Ce système doit permettre d’informer la population des risques de contamination individuelle. Si une personne est détectée positive, les autres personnes avec lesquelles elle aura été en contact précédemment seront immédiatement averties via des notifications sur leurs téléphones mobiles. Celles-ci seront alors invitées à prendre des précautions, pouvant aller jusqu’à une mise en quarantaine.

Le contact tracing du PEPP-PT fonctionne sur la base d’identifiants chiffrés qui restent à l’intérieur du téléphone. Les interactions entre les mobiles se font de manière anonyme. Cela en fait un procédé conforme au RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données), bien plus respectueux de la vie privée que la géolocalisation par GPS. C’est ce genre de système qui est utilisé notamment à Singapour et à Taïwan.

Une utilisation facultative basée sur le volontariat

L’avantage, c’est que le groupe PEPP-PT travaille dans une approche européenne. Ainsi, les applications développées dans les différents pays devraient pouvoir communiquer les unes avec les autres, ce qui devrait permettre, dans le futur, une reprise des déplacements, au moins dans l’espace européen.

Reste qu’une telle application, si elle voit le jour, ne semble pas constituer pour autant une solution miracle. Le but est de pister le virus au plus près pour éviter d’être débordés. Cela devra s’accompagner d’autres mesures, comme le port de masques et surtout des tests de dépistage. Enfin, il faudra aussi qu’une telle application soit utilisée par un maximum de gens. Or, ce ne sera sans doute pas obligatoire, car la loi Informatique et Libertés ne le permet pas, mais basé sur le volontariat.

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Illustration (PIERRE ROUSSEAU / MAXPPP)