"Nous sommes dans les trous de la raquette" : les attachées de presse, oubliées du plan Macron pour la culture

Emmanuel Macron a annoncé mercredi 6 mai plusieurs mesures pour soutenir le secteur culturel, durement frappé par la crise. Mais les attachées de presse disent ne rentrer dans aucun dispositif.

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Radio France
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Tournage cinéma le 30 juillet 2009 à Grenoble (illustration) (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

Vous ne connaissez ni leurs noms, ni leurs visages, au mieux, vous les avez aperçus, en retrait, sur une montée des marches, un tapis rouge, smartphone à la main, derrière les stars du grand écran. Ils, ou plutôt elles (la profession est très féminine), sont les attaché(e)s de presse des films. Par passion pour le cinéma, elles endurent les journées interminables, les caprices des actrices et des acteurs, les humeurs variables des réalisatrices, réalisateurs… et des journalistes. Paradoxe du moment, certaines d’entre elles étaient aux César, aux Oscars, en tenue de soirée et quelques semaines plus tard…. sans un sou.

Depuis le 16 mars et le début du confinement, plus aucune sortie de film en salles, "pas un euro. Rien", explique Marie Queysanne, qui vient pourtant de vivre des moments forts avec le film Les misérables de Ladj Ly, qu’elle a accompagné de Cannes 2019 à Los Angeles. "Nous n’avons pas droit au chômage partiel, et aucun dispositif n’a été imaginé pour nous, nous sommes dans les trous de la raquette." Car une majorité des attachées de presse est sous le statut d’indépendant.

"Aucune proposition concrète"

Assommées mais pas abattues, elles ont rapidement monté le Clap, cercle libre des attaché(e)s de presse de cinéma. Une association qui a frappé à toutes les portes, alerté les pouvoirs publics sur leur situation de travailleurs de l’ombre mais, déplore Marie Queysanne : "Nous avons reçu une vague réponse totalement inadaptée, dans laquelle nous ne rentrons pas et aucune proposition concrète ne nous a été faite à ce jour. On espère vraiment qu’il y en aura, que ça va bouger parce que là, on repart pour un mois de mai à 0 € et on ne sait pas comment on va faire." Pendant ce temps sans revenus, il faut payer les loyers et les prélèvements de l'Urssaf continuent.

Une situation d’autant plus douloureuse que le CNC, le centre national du cinéma, a rapidement pris des mesures pour soutenir un secteur qui pèse lourd dans l’économie de la culture en France. Mais le même CNC semble avoir oublié les attaché(e)s de presse, profession essentielle au même titre que les producteurs, distributeurs et exploitants. Si les annonces du président de la République en faveur des intermittents ont rassuré actrices, acteurs et techniciens, les attaché(e)s de presse ne sont pas éligibles à ce régime d’indemnisation.

Enfin, comme dans d’autres secteurs, la musique, le spectacle vivant, l’annulation des festivals comme celui de Cannes pèse terriblement lourd pour cette profession. Les attaché(e)s de presse regroupées dans le Clap veulent désormais se faire entendre. Tout sauf un clap de fin.

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