Cet article date de plus de trois ans.

"Nos ancêtres ont vécu les épidémies, ce n’est pas nouveau !" : à Alfortville, les fidèles s’adaptent pour un ramadan sous confinement

Si la pratique du jeûne n’est pas modifiée par l’épidémie, la principale contrainte est la fermeture des mosquées, qui impose aux fidèles de prier chez eux, en famille ou seul. À Alfortville, dans le Val-de-Marne, les fidèles relativisent et s’adaptent.

Article rédigé par Valentin Dunate
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min
Une femme portant un masque de protection passe devant la Grande Mosquée de Paris, à Paris, le 22 avril 2020. (IAN LANGSDON / EPA)

C'est un mois de ramadan inédit qui vient de commencer cette nuit pour les 5 à 9 millions de fidèles de la communauté musulmane de France, à l'heure où le confinement imposé par l'épidémie de coronavirus covid-19 rend impossibles les rassemblements familiaux pour les repas de rupture du jeûne.

"La pratique du jeune n’est pas affectée directement par l’épidémie", a ainsi indiqué le Conseil français du culte musulman. Alors, comme chaque année, à la boucherie de l’Oasis, à Alfortville, dans le Val-de-Marne, Mustapha - qui tient la caisse - voit beaucoup de monde. "Il y a plus de clients que d’habitude", constate-t-il derrière son comptoir.

>> Coronavirus : les dernières informations sur la pandémie dans notre direct.

Dans la boucherie, on discute de ce ramadan particulier où il n’est pas possible d’aller prier à la mosquée mais à ce sujet, Nordine relativise :"Cela a existé dans l’histoire, ce n’est pas nouveau, indique-t-il. Nos ancêtres ont vécu les épidémies, lors desquelles les mosquées et la Mecque étaient fermées." "Notre Prophète oblige, poursuit Nordine, pour ne pas que l’épidémie ne fasse de ravage, dans les Hadiths du Prophète, de rentrer et sortir des villes."

Celui qui est à l’intérieur reste à l’intérieur et celui qui est à l’extérieur reste à l’extérieur. Et c’était il y a quatorze siècles ! Alors il est normal de respecter le confinement.

Nordine

à franceinfo

Le plus dur, c’est sans doute, pour ceux, comme Oudah, qui vivent loin de leurs familles. "J’habite toute seule et faire le ramadan seule, explique-t-elle, c’est la chose la plus dure qui soit : normalement, c’est pour faire du bien à la santé, se rapprocher de Dieu et… partager en famille."

Heureusement, pour combler ce vide, il y a les réseaux sociaux. Abdel sera tous les soirs sur internet avec sa famille. "Maintenant, relativise-t-il, avec Messenger et tout, on peut discuter en famille, avec son téléphone. On partage des photos des repas, tout. On discute de ce qu’on fait… C’est presque pareil…" En d’autres termes, les fidèles s’adaptent. Les imams aussi : certains prévoient de diffuser tous les jours des messages sur les réseaux sociaux.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.