Port du masque au travail : syndicats et chefs d'entreprises attendent "une explication de texte" et "une approche pragmatique"

À partir du 1er septembre, le port du masque en entreprise doit devenir obligatoire, sauf dans les bureaux indiviuels.

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Radio France
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Illustration du port du masque en entreprise. (FRANCOIS DESTOC / MAXPPP)

Le chef de l'État Emmanuel Macron a affirmé mardi 25 août à l'issue d'un Conseil de défense sanitaire que des "règles claires" seraient instaurées "partout", notamment en entreprise, pour faire face à une reprise de l'épidémie de coronavirus. Le port du masque en entreprise doit déjà devenir obligatoire à partir du 1er septembre, sauf dans les bureaux individuels. Si les acteurs du monde de l'entreprise reconnaissent l'utilité du port du masque, certains s'interrogent sur la possibilité de l'imposer dans le monde du travail, et plus largement sur le protocole sanitaire.

Imposer le masque "va être compliqué mais nécessaire" estime le docteur Christian Expert, deuxième vice-président de la branche accident du travail et maladie professionnelles à la CFE-CGC-Santé au travail. Mais selon lui, le protocole sanitaire dans les entreprises manque de précision quant à la propagation du coronavirus par aérosol. "Il va falloir une explication de texte par rapport à ces dispositions", a-t-il estimé. Pour éviter la propagation dans l'air, la mise en place de vitres de plexiglass pour séparer les salariés est une possibilité, mais elle n'est pas suffisante, selon Christian Expert. "Le plexiglass dans l'opens pace n'est pas étanche : ça évite les contaminations directes, mais si le virus est dans l'air ambiant, comme on peut s'y attendre, le masque est évidemment le recours."

S'adapter "à chaque situation"

De son côté, le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti) prône une "approche pragmatique""Ce que nous attendons, ce sont des règles claires, des règles adaptées à chaque situation, à chaque type d'entreprises, à chaque secteur d'activité", a déclaré sur franceinfo Olivier Schiller, l'administrateur du Meti. "Un département dans lequel il n'y aurait pas ou très peu de contaminations n'a pas à suivre les mêmes règles qu'un département qui serait en zone rouge, estime-t-il. Chaque situation en entreprise est différente."

Il faut avoir une approche pragmatique qui combine à la fois la nécessité de la relance économique, pour éviter les dépôts de bilan, pour éviter le chômage, et en même temps, pour permettre de lutter contre la propagation du virus.

Olivier Schiller, administrateur du Meti

à franceinfo

Beaucoup de chefs d'entreprises craignent un durcissement des règles sanitaires. Jean-Marc Barki, dirigeant et cofondateur de l’entreprise Sealock, assure que le système actuel fonctionne "plutôt assez bien". "Il ne faut surtout pas durcir le ton, plaide-t-il. Il ne faut pas que les mesures qui seront décidées paralysent nos entreprises."

Des sanctions en cas de refus ?

La question se pose de sanctions en cas de refus du port du masque. "La priorité, ça doit être la protection des salariés", défend Olivier Schiller, administrateur du Meti, qui approuve des sanctions en cas de refus du port du masque. "Quand un manutentionnaire travaille dans un entrepôt, il doit mettre des chaussures de sécurité aux pieds. La chaussure de sécurité protège le salarié, les masques, les protocoles sanitaires, c'est la même chose." 

Christian Expert, de la CFE-CGC Santé, prône lui "un dialogue dans l'entreprise" pour convaincre du bien-fondé des mesures qui se profilent. Les mesures disciplinaires ne devraient être prises qu'en "dernier recours". "Il y a une lassitude généralisée du port du masque, estime-t-il. La difficulté c'est de convaincre des jeunes salariés de se protéger puisque finalement, eux ne sont pas atteints de façon grave." 

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