"Il y a eu des retards importants, des dépenses inutiles" : rentrée scolaire en Italie, entre désorganisation et soulagement pour les parents

Absence de certains professeurs, tables individuelles en nombre insuffisant, manque de masque chirurgicaux à distribuer aux élèves et enseignants, l'école reprend en Italie avec de nombreuses difficultés mais les parents sont soulagés de la réouverture des classes. 

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Edité par Thomas Destelle - Bruce de Galzain - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La rentrée scolaire le 14 septembre 2020 dans un école primaire du centre historique de Rome. (BRUCE DE GALZAIN / RADIO FRANCE)

En Italie, c'est le jour J avec la rentrée des classes pour une majorité d’élèves. Environ cinq millions d'entre eux (sur huit au total) reprennent le chemin de l’école, lundi 14 septembre, car le sud du pays ne rentrera qu'à la fin du mois. Une rentrée dans les établissements scolaires plutôt chaotique, six mois après leur fermeture totale à cause de l'épidémie de Covid-19, et malgré les investissements ou les encouragements du gouvernement. À Rome par exemple, 30% des écoles n'ouvrent pas leurs portes. Pour celles qui ont choisi d'ouvrir, c'est quelquefois le système D.

Dans une école primaire du centre historique de Rome, les parents ont organisé une rentrée échelonnée lundi matin. "Par exemple, les premières classes qui sont rentrées attendaient ici pendant que les autres étaient derrière sur la place, explique Svetla qui fait partie de l'association des parents d'élèves. Comme ça, on évite les rassemblements des parents et des élèves."

Certains parents sont remontés

Sans les parents, la rentrée ne se serait pas si bien passée dans cette petite école primaire, selon Chiara. Elle accompagne ses deux enfants de 7 et 6 ans avec Riccardo, son mari, mais lui est plus remonté : "Il y a eu des retards importants ou des dépenses inutiles comme les pupitres individuels, et beaucoup de choses ont été prises en considération au dernier moment. Aujourd'hui encore de nombreux enseignants n'ont pas été recrutés."

Pour notre aîné, par exemple, nous n'avons pas de professeur de mathématiques. Nous l'avons su il y a deux semaines.

Riccardo

Mais la plupart des parents font confiance à leur école, qui a dû se débrouiller pour ouvrir dans les temps et même sans pupitre individuel. Car selon Giorgia, les enseignants savent faire. "On a même dit aux maîtresses d'utiliser l'argent des pupitres individuels pour autre chose parce qu'elles ont trouvé de bonnes solutions pour maintenir la distance, explique-t-elle. Ça va plaire et même stimuler les enfants du primaire car les tables sont installées en zigzag. On peut vraiment trouver des solutions alternatives aux pupitres individuels."

Des masques gratuits mais pas encore arrivés

Les élèves ont déjà adopté les gestes barrières. Ils se saluent avec le coude avec le pied et tous portent un masque dès 6 ans. Il est fourni par les parents car les 11 millions de masques quotidiens gratuits promis par l'État ne sont pas encore arrivés en quantité suffisante. Mais Giorgia est rassurée, confiante et même libérée. 

C'est vraiment un moment fort. Bizarre qu'on ne boive pas du champagne à la place du café.

Giorgia

Pour Riccardo, cette rentrée est un faux départ : "La rentrée se fait à Rome, tout en sachant que ce week-end les écoles vont de nouveau être fermées et nettoyées à cause des élections !" En effet, plusieurs écoles dans tout le pays seront fermées au moins jusqu'à mardi car les élections régionales vont durer deux jours, dimanche et lundi, pour éviter que trop de monde ne vote en même temps.

Rentrée des classes à Rome : écoutez le reportage de Bruce de Galzain
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