Fin du masque en extérieur : "C'est certainement le bon moment pour relâcher des mesures", estime l'infectiologue Anne-Claude Crémieux

Entre la baisse des cas et la hausse de la vaccination, faire tomber le masque en extérieur est justifié selon la spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Louis à Paris. 

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Radio France
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Le port du masque n'est plus systématiquement obligatoire en extérieur depuis jeudi 17 juin.  (MAXIME JEGAT / MAXPPP)

Le professeur Anne-Claude Crémieux, spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Louis à Paris, membre de l'Académie nationale de médecine, a déclaré jeudi 17 juin sur franceinfo que la France se trouvait "dans une situation très favorable" avec "une baisse continue des nouvelles infections" au Covid-19. Selon elle, "c'était certainement le bon moment pour relâcher des mesures", alors que le gouvernement a décidé de mettre fin au port du masque à l’extérieur. Parallèlement la Grande-Bretagne retarde d’un mois la dernière étape de son déconfinement en raison d’une augmentation des contaminations liée au variant indien du Covid-19.

franceinfo : C’était le bon moment pour mettre fin au masque à l’extérieur ?

Anne-Claude Crémieux : On est dans une situation très favorable parce qu'on a une baisse continue de nouvelles infections et une augmentation, on espère qui va continuer, de la vaccination, donc c'était certainement le bon moment pour relâcher des mesures. C’est quand même en extérieur qu'on contamine le moins par rapport à l'intérieur. Donc, c'était probablement une des premières à lâcher. Je suis assez optimiste parce que les gens savent maintenant porter le masque et je pense qu'ils vont adopter leur comportement en fonction des situations qu'ils vont rencontrer.

Ce qui se passe en Angleterre va-t-il nous arriver nécessairement en France ?

Non, pas nécessairement. C’est quand même une vraie leçon de vigilance. Ce qui se passe en Angleterre est lié à deux facteurs. Le premier, c'est l'introduction assez précoce du variant indien liée aux flux entre les deux pays et, deuxièmement, à ce qu'on appelle une stratégie vaccinale anglaise qui a visé essentiellement à diminuer l'impact sanitaire et pas forcément à amener la population à un niveau d'immunité optimal. Donner une dose à un grand nombre de la population, ça suffit possiblement pour les empêcher d’aller à l'hôpital lorsque c'est le variant anglais, mais ça ne les prémunit pas contre une infection avec un variant plus transmissible ou plus résistant aux vaccins. Le deuxième aspect, c'est le profil des vaccins. Quand on compare AstraZeneca et Pfizer sur la protection vis-à-vis des hospitalisations, ils sont à peu près identiques. Mais le vaccin ARN Messager protège mieux contre la transmission des infections. Cela a été démontré très tôt. Plus de 80% de protection contre les formes asymptomatiques. Et c'est probablement ce qui se joue aussi en Angleterre.

Sur la vaccination, la France a atteint son plafond de verre ?

Pas forcément parce qu'on voit que les jeunes vont massivement se faire vacciner. Dans la population âgée, on rentre dans les personnes qui sont plus difficiles à atteindre et on compte utiliser d'autres stratégies. C’est ce que le gouvernement essaye de faire. Notre objectif, les Anglais comme nous, comme les Américains, c'est d'arriver à au moins 70% de la population vaccinée totalement avec deux doses.

Le masque, on le range dans la poche ou on le garde sous le menton ?

C’est vrai, c'est ça le problème. On le plie et on le met dans un petit sac en plastique sinon on en prend un autre. C’est vrai que c'est compliqué à manipuler et qu'il n'y a pas de très bonne solution. Mais encore une fois, 80% des Français utilisent de façon systématique le masque dans les lieux publics. Tout le monde a appris à le mettre et à l’enlever.

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