"Manger français, ça a un prix" : le ministre de l'Agriculture estime que "pour l'instant", il n'y a pas lieu d'encadrer les prix

Didier Guillaume rappelle que la fermeture des hôtels et des restaurant "a aussi engendré pour la deuxième ligne des conséquences terribles", et assure notamment les producteurs de pommes de terre de son soutien.

Didier Guillaume, le 21 mai 2019 sur franceinfo.
Didier Guillaume, le 21 mai 2019 sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Interrogé sur l'augmentation des prix des fruits et légumes, Didier Guillaume estime mercredi 20 mai que "globalement" les producteurs "ont plutôt pas trop mal gagné leur vie". "Ce qu'il faut regarder, c'est la comparaison avec les produits étrangers. Une étude du  cabinet indépendant Nielsen indique que dans le mois dernier, les produits avaient augmenté de 0,01%", rapporte le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, imputant l'impression d'augmentation au fait que les Français avaient rempli de plus gros charriots en raison du confinement.

Didier Guillaume encourage à manger français pour soutenir le secteur, même si "manger français, ça a un prix".

Il faut faire le choix du patriotisme alimentaire et du patriotisme agricole.Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentationà franceinfo

"Manger des fraises françaises du Ventoux, ce n'est pas le même prix que manger des fraises espagnoles. Par contre, ce n'est pas le même goût non plus et je pense qu'il faut s'habituer à manger du beau, à manger du bon", note Didier Guillaume. "Les choses sont très simples, dit le ministre. Soit on veut continuer à manger du poulet aux hormones ou au chlore du Brésil ou d'Ukraine, soit on veut continuer à manger du concombre danois ou des fraises et des fruits et légumes espagnols, auquel cas ils ne seront pas chers mais ce n'est pas de la très, très bonne qualité".

Didier Guillaume explique qu’il "faudra peut-être faire des choix économiques différents dans le budget de nos concitoyens" mais que le gouvernement est "en train de travailler avec la production agricole, nous travaillons avec la distribution pour voir comment demain, nous pourrons contribuer à alimenter, à nourrir nos concitoyens avec des produits français sans que cela coûte plus cher que toujours prendre des produits étrangers""J'ai conscience qu'il y a aujourd'hui un problème de pouvoir d'achat" mais il n'est pas question "pour l'instant" d'encadrer les prix, dit Didier Guillaume, "puisqu'il n'y a pas vraiment eu d'envol des prix".

"Je ne laisserai pas tomber la filière pommes de terre"

Par ailleurs, Didier Guillaume affirme qu'il ne "laissera pas tomber la filière pommes de terre". Le secteur est "en crise", selon l’Union nationale des producteurs de pommes de terre, qui indiquait dimanche sur franceinfo que "entre 300 et 350 000 tonnes de pommes de terre n’ont pas de débouché""Évidemment, quand tous les restaurants sont fermés, quand tous les fast-food sont fermés, les steak frites, les moules frites, ça n'existe plus. Nous sommes en train de regarder comment nous pouvons faire. J'ai fait des demandes à l'Union européenne qui ont été en partie acceptées pour pouvoir faire du stock. Nous, nous sommes en train de travailler. Je ne laisserai pas tomber la filière pommes de terre, comme le gouvernement ne laissera pas tomber l'ensemble des autres filières", assure le ministre.

"La fermeture des restaurants et des hôtels, qui est absolument un drame pour les personnes qui travaillent là, a aussi engendré pour la deuxième ligne des conséquences terribles, pour les producteurs, les viticulteurs, les producteurs de vin, les producteurs de pommes de terre, toute l'alimentation, les poulets, les AOP, les fromages fermiers qui sont vendus essentiellement dans ces restaurants", explique Didier Guillaume. Par ailleurs, ces produits invendus peuvent "être offerts à des associations, ça peut servir pour la nourriture des animaux. Ça peut servir dans les méthaniers. Nous sommes dans une situation exceptionnelle et extraordinaire, il faut des réponses qui soient extraordinaires et exceptionnelles. (…) C'est un drame, donc nous allons y répondre".