"Les professionnels du tourisme se débattent pour leur survie" : à La Grande-Motte, la saison se prépare dans l'incertitude

Dans la célèbre station balnéaire de l'Hérault, déserte pendant le confinement, professionnels du tourisme et acteurs publics se préparent à une saison hors-normes, et espèrent limiter au maximum l'impact du Covid-19. 

Alors qu\'à partir d\'avril, les touristes commencent à peupler les stations balnéaires, celles-ci restent désespérement vides cette année, comme ce camping de la Grande-Motte (Hérault), mardi 14 avril 2020. 
Alors qu'à partir d'avril, les touristes commencent à peupler les stations balnéaires, celles-ci restent désespérement vides cette année, comme ce camping de la Grande-Motte (Hérault), mardi 14 avril 2020.  (ÉRIC AUDRA / FRANCEINFO)

Parmi les conséquences économiques du confinement et de sa prolongation, le tourisme est bien-sûr l’un des secteurs particulièrement touché par cette crise sanitaire. À la Grande-Motte, la station balnéaire bien connue de l’Hérault, près de Montpellier, les rues et les plages habituellement grouillent de monde pendant les vacances de printemps. Cette année, elles sont vides. Comment s'adaptent les acteurs locaux ? 

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Dans l’allée des Acacias, au camping le Garden, la propriétaire Corinne Mandel a bien du mal à cacher son dépit. "On était prêts à ouvrir, c’est dur. On a envie que ça bouge, que ça vive." Les campings, comme les hôtels, les locations, les restaurants, sont évidemment fermés.

"Aujourd'hui, on vit une situation inimaginable, fait valoir Stephan Rossignol, le maire Les Républicains de la Grande-Motte, exceptionnelle à plus d'un titre pour nous, ville touristique. Quel est l’avenir de cette saison d’été ?" Tout l’équilibre financier de la ville dépend ici du tourisme. "Ce sont des équipements municipaux sportifs, ce sont les taxes de séjour qu'on perçoit sur les hébergements, c'est les droits de stationnement, et puis ce sera toutes les recettes indirectes que l'on ne percevra pas parce que l'on va faire des gestes sur les terrasses, sur nos plages privées." Et quand monsieur le maire fait les comptes, ça fait plus de 2,2 millions d’euros de perte sèche, 6 millions en tout.

S'adapter à une situation inédite

À quelques pas du camping Le Garden, un autre lui fait face, c’est le Maïana. Ici aussi, les mobile-homes sont désespérément vides. Toboggans, piscine, tables en bois tout est figé, à l'exception du président Romain Baumstarck qui se démène, pour préparer la réouverture. "On revoit tout. À chaque arrivée-départ, chaque bungalow va bénéficier d'une désinfection individuelle, d'une désinfection des espaces communs comme les sanitaires ou les poignées de portes, la restauration. On va aussi avoir un stock important de gel et de masques à disposition de nos vacanciers." Un bungalow sera aussi réservé pour isoler un potentiel malade, la jauge de la piscine sera divisée par quatre et les activités seront beaucoup plus individuelles. 

Au camping Maïana à la Grande-Motte (Hérault), la capacité de la piscine sera réduite par quatre pour accueillir les touristes en toute sécurité cet été. 
Au camping Maïana à la Grande-Motte (Hérault), la capacité de la piscine sera réduite par quatre pour accueillir les touristes en toute sécurité cet été.  (NOÉMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

S’adapter, en attendant mieux. "L'électroencéphalogramme est plat", déplore Jean-François Pouget, directeur général adjoint de l'Agence de développement touristique de l'Hérault, en regardant une vue plus globale de la situation. "Les professionnels du tourisme se débattent, leur problématique, c'est une problématique de survie." L’ensemble des pertes sur le département dépasse le milliard d’euros selon lui, et des milliers d’emplois sont en jeu. "À partir du mois d'avril, on commence à recruter tout ce qui est emploi saisonnier. Là qui va ouvrir une bourse aux emplois ? Personne !" Sans compter le tourisme d’affaire, lui aussi au point mort. Il représente pourtant un tiers de ce secteur dans l’Hérault.

Confinement : les professionnels du tourisme inquiets : écoutez le reportage de Noémie Bonnin à La Grande-Motte
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