Le brief éco, France info

Le brief éco. Coronavirus : vers une panne économique, faute de bras ?

Les supermarchés, aussi bien que les transporteurs qui les approvisionnent, risquent de manquer d’effectifs.

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Une hôtesse de caisse au travail dans un supermarché d\'Angoulème (Charente). Photo d\'illustration.
Une hôtesse de caisse au travail dans un supermarché d'Angoulème (Charente). Photo d'illustration. (LOÏC DÉQUIER / MAXPPP)

Le risque plane d’une panne économique en France qui pourrait maintenant gagner des secteurs jugés essentiels à l’activité du pays, et qui commencent à manquer de bras.

C’est la grande crainte du gouvernement qui tire la sonnette d’alarme : Bruno Le Maire lui-même appelle les employés des secteurs vitaux comme l’alimentation ou la distribution – qui sont très liés – à continuer de se rendre au travail, tout en se protégeant du coronavirus. “Il faut que nous puissions nous nourrir, que les familles puissent se rendre dans les magasins d’alimentation”, dit encore le ministre de l’Économie. Il redoute que les supermarchés, aussi bien que les transporteurs qui les approvisionnent, ne manquent d’effectifs. Des tensions commenceraient d’ailleurs à apparaître, selon Bruno Le Maire.

Les salariés de ces secteurs ont le droit de travailler

Cela n’empêche pas l’inquiétude de monter chez nombre d’entre eux. Pouvoir travailler, c’est une chose, exercer son travail en toute sécurité – dans le contexte actuel – en est une autre. Les gestes barrière, c’est bien, mais il en faut beaucoup plus pour rassurer des employés en contact permanent avec la clientèle. Comme les caissières, qui portent déjà des gants, mais que des vitres en plexiglas pourraient davantage protéger du risque de contamination.

Cela va au-delà de la distribution alimentaire

On peut aussi citer la banque, dont les agences sont autorisées à ouvrir, mais dont les salariés sont eux aussi au contact du public, bien souvent sans protection efficace.


L’industrie commence à être touchée par l’absentéisme, comme à l’usine General Electric de Belfort qui a dû suspendre sa production, après que 250 ouvriers ont exercé leur droit de retrait pour “danger grave et imminent”. Même phénomène chez Amazon France où dans plusieurs entrepôts, des salariés ont préféré cesser le travail, en alertant là aussi sur les dangers liés au coronavirus. Les distances minimales de sécurité entre employés ne pouvant pas toujours être respectées.

Un “danger grave et imminent”

C’est là toute la question. Une épidémie comme celle que nous connaissons ne suffit pas à elle seule à justifier le recours au droit de retrait. Mais si l’employeur ne respecte pas les consignes les plus élémentaires de protection de ses effectifs, là, il peut s’envisager. Tout est donc question de mesure. Il est bien souvent difficile de trancher. Surtout dans une crise sanitaire aussi inédite que celle du coronavirus.

Une hôtesse de caisse au travail dans un supermarché d\'Angoulème (Charente). Photo d\'illustration.
Une hôtesse de caisse au travail dans un supermarché d'Angoulème (Charente). Photo d'illustration. (LOÏC DÉQUIER / MAXPPP)