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Le billet sciences. À l'intérieur ou à l'extérieur, le comportement du virus

Comment se déconfiner en limitant les risques ? Alors qu’aujourd’hui on peut aller à plus de 100 km de chez soi, ou retrouver les terrasses des cafés, les études sont plutôt rassurantes sur le comportement du virus en l’extérieur.

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Un couple se promène au parc de la Courneuve (Seine-Saint-Denis) après le déconfinement.
Un couple se promène au parc de la Courneuve (Seine-Saint-Denis) après le déconfinement. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

La bonne nouvelle est que le risque de transmission du virus à l’extérieur est très faible, comme le confirme la Haute Autorité de santé publique après avoir passé en revue la littérature scientifique. Il y a donc moins de risque à aller seul au parc que dans un bus bondé par exemple. Mais le virus peut voyager dans l’air, rappelait une étude du New England Journal of Medicine. Elle a été faite en laboratoire et montre qu’il peut rester au moins trois heures dans l’air. Mais dans la vraie vie, aujourd’hui, ça ne se passe pas forcément comme dans un incubateur de laboratoire, surtout quand il y a du vent qui chasse les particules virales.

L'été : un atout contre le virus

De façon générale, les virus à enveloppe n’aiment pas la chaleur, qui fait fondre la pellicule qui les protège. Ils n’aiment pas non plus les ultra-violets du soleil qui abîment son matériel génétique comme celui de nos cellules, c’est d’ailleurs pour cela que l’on met de la crème solaire. Les chercheurs du Centre d’analyse de biodéfense américain ont testé la résistance du virus à des températures différentes et montrent qu'avec la chaleur et l'humidité il résiste moins longtemps.

Entre 21 °C et 23 °C avec 20% d’humidité, il peut rester actif pendant 18 heures, mais à 35 °C et 80% d’humidité cela tombe à une heure.

Centre d'analyse de biodéfense américain

Pour autant, ils ne concluent pas que l’on soit débarrassé du virus totalement avec l’été. D'autant qu'ils n'ont pas publié le détail de leurs travaux dont on ne connaît pas les conditions exactes. Même un climat chaud et humide comme celui de Singapour n’a pas empêché l’épidémie de se propager. Surtout avec des patients porteurs du virus mais sans symptôme, difficile donc à repérer et qui peuvent simplement en parlant transmettre des particules virales. Les rassemblements d’un grand nombre de personnes proches les unes des autres même en extérieur restent un facteur de risque important.

90% des contaminations à l'intérieur

Plusieurs études en Chine mais aussi au Japon sur des cas de contaminations montrent que très peu se sont faites en extérieur. Un seul cas est connu, celui d'un jeune homme de 27 ans, contaminé après avoir discuté avec quelqu'un en provenance de Wuhan. Sinon, la plupart des cas connus ont eu lieu dans des espaces clos, mal ventilés même avec un seul patient contagieux. Il y a une étude chinoise très détaillée sur la transmission via la soufflerie d’un restaurant de Canton ou encore celle sur une chorale aux États-Unis près de Washington.

En revanche, on sait que le virus peut survivre sur des surfaces mais la contamination de personnes via des surfaces n’a pas été prouvée en dehors des chambres d’hôpitaux de patients atteints du Covid-19. Toutefois, la plupart des autorités sanitaires recommandent le lavage des mains pour les serveurs par exemple et de nettoyer régulièrement les surfaces : bureau, table, poignée de porte. En Chine, des restaurants vont même jusqu’à installer des plexiglas pour entourer chaque client à leur table.

Un couple se promène au parc de la Courneuve (Seine-Saint-Denis) après le déconfinement.
Un couple se promène au parc de la Courneuve (Seine-Saint-Denis) après le déconfinement. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)