"Je ne veux pas qu'il soit oublié" : deux ans après la disparition de son mari urgentiste, mort du Covid-19, Claire Loupiac vit dans la douleur

Il y a deux ans, Éric Loupiac, urgentiste à Lons-le-Saunier, mourrait du Covid-19. Selon son épouse, l'hôpital n'a pas su le protéger. Depuis, sa veuve a porté plainte contre X pour homicide involontaire. Mais deux ans après, elle est toujours sans nouvelle de la procédure.

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Radio France
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Claire Loupiac dans son jardin en région lyonnaise, le 18 avril 2022. (RACHEL SAADODDINE / RADIO FRANCE)

Pourquoi les soignants n'ont-ils pas été protégés ? C'est la question qui hante Claire Loupiac, depuis le décès de son mari, l'urgentiste Éric Loupiac, mort du Covid-19, le 23 avril 2020 à l'âge de 60 ans. Selon elle, il a attrapé le virus en soignant des patients aux urgences. "Mon mari avait fait plusieurs réclamations, confie-t-elle, il avait demandé à ce que tous les malades portent un masque à l'hôpital et que le personnel soignant soit équipé de masque FFP2, on l'a écouté et on n'a pas suivi ses réclamations."

Claire Loupiac a déposé plainte le 3 août 2021 contre X pour "homicide involontaire", "non-assistance à personne en danger" et "omission de porter secours". Depuis, la veuve du médecin vit figée dans l'attente. "Ça me tourmente, avoue Claire Loupiac. Je voulais que cette plainte aboutisse le plus rapidement possible, qu'on arrive à identifier les failles, ce qui s'est passé, qu'est-ce qui a conduit à ce drame. Je voulais aussi qu'on prenne les mesures nécessaires, peu importe le coût, pour la protection du personnel soignant."

"C'est le grand vide qui est à côté de moi. J'essaye de faire face pour continuer à vivre."

Claire Loupiac, veuve de l'urgentiste Éric Loupiac

à franceinfo

Joint par téléphone par franceinfo, le procureur de Lons-Le-Saunier, Lionel Pascal regrette ce délai car de nombreux témoins ont déjà été entendus, notamment le personnel médical. Mais le magistrat attend depuis un an un rapport d'expertise médico-légal, qui permettrait peut-être de savoir quelle souche a contaminé le médecin, mais aussi s'il l'a attrapé à l'hôpital ou en dehors, dernier jalon pour clore les investigations.

Pour Claire Loupiac, ces deux années qui viennent de s'écouler ont été très douloureuses. Aujourd'hui, elle ne rentre pas dans un magasin sans masque et regrette que l'on ait suspendu l'interdiction du port du masque en intérieur.

Une messe pour "ne pas oublier"

Samedi 30 avril prochain, une messe sera célébrée en l'honneur de son défunt mari en l'église des Cordeliers de Lons-le-Saunier. "On sera tous ensemble, affirme-t-elle, je ne veux pas qu'il soit oublié. Tout ce qu'il a fait en tant que médecin, tout ce qu'il aurait voulu faire, je veux que tout ça se poursuive. Mon mari me disait qu'on ne peut pas offrir des soins de qualité avec un personnel épuisé et là, je vois que les personnels soignants sont toujours en sous-effectif. C'était le combat principal de mon mari."

Covid-19 : le témoignage de Claire Loupiac, deux ans après le décès de son mari urgentiste, au micro de Gaële Joly
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