"Ils se dégradent assez vite, brutalement" : dans un service de gériatrie aigüe, le délicat travail des soignants auprès des malades les plus fragiles du Covid-19

franceinfo a exceptionnellement pu visiter le service de gériatrie aigüe de l'hôpital Bretonneau, à Paris. Dans le contexte de la crise sanitaire du Covid-19, les soignants doivent redoubler de vigilance et d'attention avec les patients.

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L'entrée de l'hôpital Bretonneau, dans le 18e arrondissement de Paris. (M. DE MARTIGNAC / MAXPPP)

D’habitude, on entre dans l’unité de gériatrie aiguë de l'hôpital Bretonneau, à Paris, en passant simplement d’un couloir à l’autre. Depuis le début de la crise du Covid-19, il faut franchir une porte bricolée en contreplaqué. "Ça a été créé en extrême urgence, de façon à éviter les mouvements et que les gens aillent et viennent sans faire attention", explique le Dr Virginie Fossey Diaz, cheffe du service.

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"Là, ce sont les infirmières qui préparent leur travail de distribution des médicaments", indique la cheffe de service en présentant les lieux. "Et puis on a nos médecins qui sont en train de revoir les prescriptions dans le poste de soin". Les quinze patients du service sont, eux, dans leur chambre, trop fatigués, trop fragiles pour répondre à nos questions. Ces patients, âgés, présentent des comorbidités, c'est-à-dire d'autres maladies qui s'ajoutent au Covid-19. Il faut donc leur porter une attention particulière. "Ils se dégradent assez vite, brutalement, souvent autour du septième, huitième ou neuvième jour d'hospitalisation et nécessitent forcément une attention importante et même plus importante qu'à l'habituelle", précise le Dr Virginie Fossey Diaz.

Ils ont besoin de savoir qu'ils sont quand même aimés, donc on est plus proches d'eux, comme si on était leur seule famille.

Une aide-soignante de l'hôpital Bretonneau

à franceinfo

Seuls les patients en fin de vie du service peuvent recevoir des visites. Les autres ne voient que le personnel soignant. Il est donc nécessaire de veiller à leur santé psychologique. "Souvent ils nous demandent pourquoi ils ne voient pas leur famille. Ils sont tristes de ça. Ils nous ont adoptés, on les a adoptés", relatent Héléna, Sabrina et Sophie, aide-soignantes. 

De multiples activités sont également proposées afin d'éviter que des personnes âgées démentes déambulent dans les couloirs. "De la musique, de la gymnastique dans la chambre", liste le Dr Olivier Drunat, chef du service de psycho-gériatrie. "Des activités qui permettent de rompre l'isolement, éviter qu'ils soient seuls dans leur chambre à se morfondre, à s'angoisser et à être encore moins bien à cause de la maladie", précise le Dr Olivier Drunat.

Des externes, futurs médecins, passent également du temps avec les patients pour leur permettre d'appeler leur famille en visioconférence. 

La lutte contre le Covid-19 dans un service de gériatrie : écoutez le reportage de Solenne Le Hen
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