"Il faut plus de salles, plus de surveillants" : l'organisation des concours des grandes écoles bousculée par le coronavirus

Centrale, HEC, l'ESSEC ou encore Polytechnique : avec deux mois de retard, en raison de la crise sanitaire, la saison des concours s'ouvre samedi 20 juin et va s'étendre jusqu'en juillet, selon les établissements. Une organisation complètement chamboulée.

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Radio France
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Des étudiants lors d'un concours écrit. Photo d'illustration. (SIRIPORN WONGMANEE / EYEEM / GETTY IMAGES)

Mathilde n'en peut plus d'attendre. Cette étudiante de 19 ans va passer les concours de plusieurs grandes écoles d'ingénieurs. Après une classe préparatoire intensive, ce décalage du calendrier de deux mois, à cause du coronavirus, l'a complètement perturbée. "J'ai très envie que ça se termine, j'en ai marre de travailler. Je n'en peux plus !", souffle-t-elle. "Je ne sais pas à quel stade en sont les autres. Il y a deux mois, je pouvais à peu près me situer par rapport aux autres, mais maintenant, je n'arrive pas à savoir comment les gens évoluent, confie la jeune femme.

Dans ma classe, il y a des gens qui sont devenus super forts, et au contraire, il y en a d'autres qui ont régressé. Du coup, je n'arrive pas trop à me situer.

Mathilde, candidate aux grandes écoles d'ingénieurs

à franceinfo

Du côté des grandes écoles, on a bien conscience des difficultés, mais il n'y a pas le choix. Il fallait laisser passer le pic de l'épidémie et adapter les concours aux contraintes sanitaires. "Les candidats seront un peu plus distants les uns des autres", assure Claude-Gilles Dussap. Il préside le comité de pilotage "concours" pour les écoles d'ingénieurs : "Les candidats seront au minimum à 1,50m les uns des autres, et puis il y a toutes les conditions d'accès : pas de regroupements, port du masque dans toutes les files d'attente, etc. Forcément, comme il y a le même nombre de candidats, il faut plus de salles, plus de surveillants."

Les épreuves orales supprimées

Au-delà même de l'organisation pratique, le changement majeur, c'est la suppression des épreuves orales pour la plupart de ces établissements, sauf Polytechnique. Une mauvaise nouvelle pour Martin, candidat aux écoles de commerce. "Moi, ça m'ennuie beaucoup, parce que les oraux, c'était plutôt une force pour moi, assure le jeune homme. "Les écrits valident plutôt des connaissances quand les oraux valident des savoir-être, ou une certaine ouverture d'esprit, une curiosité, ce genre de qualités sur lesquelles je comptais pour intégrer une bonne école de commerce. Je ne peux plus compter sur ces forces-là."

Je voyais les oraux comme un moyen de rattraper des écrits qui pouvaient être un peu moins bons on va dire.

Martin, candidat aux écoles de commerce

à franceinfo

La suppression des oraux pourrait bien changer un peu le profil des candidats recrutés. "Ça pourrait favoriser ou avantager les filières scientifiques au détriment de la filière économique, affirme Léon Laulusa, le directeur général adjoint de l'ESCP Business School. Parce que la filière économique se révèle davantage justement dans les épreuves orales, on pourrait s'attendre, dans la mesure où il y a une suppression de ces épreuves, à ce que ces candidats soient moins avantagés". Il n'y aura toutefois pas de bouleversement majeur dans le recrutement, selon les responsables des écoles.

Les concours des grandes écoles chamboulés - Reportage d'Alexis Morel
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